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27 heures de route pour une hémodialyse

Faute de soins, une Gaspésienne se laissera mourir

TVA Nouvelles

Une femme de Gaspé abandonnera ses traitements d’hémodialyse, essentiels à sa survie, si elle ne peut les recevoir dans sa région.

Pour obtenir ses traitements, Yvette Lamarre, 85 ans, doit faire 27 heures de route chaque semaine, une situation inconcevable pour la personne âgée.

Elle a été référée à l’hôpital de Rimouski, situé à quatre heures et demie de route de chez elle, pour l’aller seulement. L’octogénaire, qui souffre d’insuffisance rénale, doit subir ses traitements trois fois par semaine. Mme Lamarre recevait déjà depuis 10 ans un traitement de dialyse péritonéale, effectué par cathéter.

Puisque cette méthode était devenue moins efficace au fil des années, son médecin lui a indiqué qu’elle devait désormais passer à l’hémodialyse, qui doit être effectuée à l’hôpital.

Si elle acceptait de se rendre à Rimouski, Yvette Lamarre serait en déplacement sur les routes au moins 27 heures par semaine, une absurdité, selon la femme.

Aidée par sa famille

La dame âgée est entourée par sa famille. Elle refuse de déménager et de se déraciner pour avoir droit à ce service vital. «J’ai ma famille, toute ma famille est à Gaspé. J’ai de l’aide de mon mari, de ma fille, de mes petits-enfants, je suis bien chez nous.» Elle juge que les soins en hémodialyse pourraient être facilement donnés par une infirmière, il suffit d’avoir l’appareil et une formation.

«On a le droit d’avoir des services ici, comme ailleurs. On paye des taxes et des impôts et ça nous prends des services, on y a droit même si on est éloignés», a dénoncé Mme Lamarre.

La dame a également écrit au ministre de la Santé, Gaétan Barrette. «Je sais qu’on travaille sur mon cas, on parle de différentes façons de donner le service, mais je ne sais pas où est rendu le dossier», précise la patiente. La dame ne se fait pas d’illusions. «Je vais me laisser mourir, je vais me laisser aller, et puis c’est tout», a-t-elle conclu en entrevue.

Le ministre de la Santé réagit

«Le CIUSSS de la Gaspésie va la contacter, a assuré le ministre de la Santé Gaétan Barrette à l’émission de Mario Dumont. Elle a raison sur un point, ce n’est pas acceptable pour elle d’aller à Rimouski», a ajouté M. Barrette.

Le ministre évoque comme solution d’offrir les traitements d’hémodialyse en régions éloignées grâce à un autobus médical qui pourrait se déplacer un peu partout en province.

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