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Propos sur la violence conjugale

Le Doc Mailloux en rajoute à Denis Lévesque

TVA Nouvelles

Le Doc Mailloux fait de nouveau réagir par ses propos controversés, cette fois sur la violence conjugale.

«Se faire tapocher de temps en temps peut leur rapporter gros», a-t-il dit en substance cette semaine lors de l’émission qu’il coanime à la radio de Québec, en parlant de certaines femmes «astucieuses» qui tirent des bénéfices en vivant avec un conjoint qui les bat.

Le coloré personnage, qui était dans nos studios de Trois-Rivières pour participer à l’émission de Denis Lévesque, mercredi à LCN, a maintenu ses propos et en a même rajouté: il y a plusieurs motivations qui peuvent pousser des femmes à ne pas quitter un conjoint qui leur fait subir de la violence. Et ces dernières ne constituent pas un groupe homogène, insiste-t-il.

Pierre Mailloux explique que certaines femmes peuvent développer le syndrome de Stockholm en s’identifiant à l’agresseur et en s’y soumettant. «Elles vont se blâmer et se dire facilement qu’elles doivent avoir fait quelque chose de pas correct. Si j’obéis davantage, il va être gentil avec moi», analyse-t-il.

Bénéfices secondaires

Un autre sous-groupe de femmes, décrit-il, est composé de celles qui «retirent des bénéfices secondaires importants du fait d’être violentées et [qui] peuvent demeurer avec l’agresseur pour ces raisons-là».

L’animateur à la longue barbe grise identifie un dernier groupe, celui de «femmes violentées qui demeurent avec l’agresseur afin de satisfaire des pulsions inconscientes, c’est-à-dire revivre dans le présent des expériences traumatiques du passé. Tout ça existe», soutient-il.

De tels propos tendent à banaliser la violence faite aux femmes, lui lance Denis Lévesque. «Mais Denis, c’est une catégorie qui existe», renchérit Pierre Mailloux, sans pouvoir préciser cependant dans quel pourcentage de la population.

«Ça ne tient sur rien»

Des maisons d’hébergement pour femmes dénoncent vigoureusement les propos de l’animateur.

C’est le cas de Sylvie Langlais, du Regroupement Maisons pour femmes victimes de violence conjugale, qui n’en revient pas qu’on puisse tenir un tel discours en 2017 sur des bases qui ne «tiennent sur rien».

«C’est assez difficile à entendre et j’imagine que ça doit l’être aussi pour les femmes qui sont à la maison et qui sont victimes de violence conjugale», dit Mme Langlais, invitée sur le plateau de Denis Lévesque.

«De tous les membres de nos 42 maisons, dans ma pratique de plus de 20 ans, je n’ai jamais entendu une femme dire qu’elle acceptait la violence conjugale pour des bijoux, des maisons ou des manteaux de fourrure.»

Voyez l’entrevue intégrale dans la vidéo ci-dessus