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«Une mort accidentelle»

Une enquête imprévue à la Grande Licorne

Ariane Labrèche | Agence QMI 

Capture d'écran

Un jeune chanteur qui commet l’irréparable. Une famille mystérieuse. Un enquêteur plus fasciné par le meurtre lui-même que par sa résolution. François Archambault se détourne de ses thèmes habituels avec «Une mort accidentelle», s’interrogeant sur les notions de crime et de châtiment.

Petit, François Archambault était un grand fan de la série Colombo. «Ma gardienne écoutait la première scène, où on voyait toujours le crime, et appelait ensuite mon frère et moi, a-t-il confié. On essayait de trouver le coupable tout au long de l’émission, mais on n’y arrivait jamais!»

Assise près de lui, sa conjointe Marie-Hélène Thibault éclate de rire. «J’ai jamais su ça, moi», lance la comédienne, qui se glissera dans la peau d’une journaliste culturelle prise dans les rouages de cette sordide histoire de meurtre.

Bâtie comme un épisode de la fameuse série policière, la pièce s’ouvre avec le crime, alors qu’un jeune chanteur connu y tue sa conjointe par accident lors d’une dispute. «Comme dans Colombo, le public en sait alors plus que l’enquêteur ou les autres personnages. Puisque les parents du jeune homme décident d’entretenir le mensonge, ça devient intéressant de voir comment ils vont évoluer dans cette voie-là», détaille Marie-Hélène Thibault.

Une enquête imprévue

Si «Une mort accidentelle» a des effluves de polar, François Archambault n’a pourtant jamais été amateur de romans policiers. «C’est Crime et Châtiment de Dostoïevski qui m’a inspiré. J’avais envie d’aborder les notions philosophiques et éthiques qui entourent un crime accidentel et la volonté de s’en tirer», souligne le dramaturge.

L’auteur n’avait donc pas du tout l’intention de faire d’un enquêteur le rôle principal de sa pièce. «C’est Jean-Denis Leduc, le directeur de La Manufacture et de la Licorne, qui m’a suggéré de le développer, et ça marche, dit François Archambault. L’enquêteur permet de créer une tension dramatique, de révéler les zones d’ombres des personnages.»

Et zones d’ombres, il y a. «Ce qu’on découvre n’est pas joli. On voit que des gens qui étaient solidaires cessent de l’être et se méfient les uns des autres, explique Marie-Hélène Thibault. De son côté, l’enquêteur devient fasciné par le cirque médiatique qui entoure le crime et le plaisir qu’il éprouve à y plonger occulte son objectif final, qui est de résoudre le meurtre!»

Voyeur, le public sera alors confronté à sa propre éthique. «Les personnages sont conscients de ce qu’ils devraient faire, mais ils ne le font pas. Leurs réactions sont inattendues et troublantes, mais rien n’indique qu’on ne ferait pas la même chose», mentionne la comédienne.

«Une mort accidentelle» sera présentée du 17 janvier au 25 février, à la Grande Licorne.