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Entente avec Québec

Rabais d’électricité pour l’usine Silicium Québec

Agence QMI

L'usine de Silicium Québec, située à Bécancour, aura droit à un rabais d’électricité. En contrepartie, l’entreprise du Centre-du-Québec, qui existe depuis 40 ans, s’engage à investir au moins 12,6 millions $ pour se moderniser au cours des quatre prochaines années.

Cette entente avec le gouvernement du Québec, annoncée mardi matin, lui permettra d’exploiter ses installations au maximum de sa capacité et de maintenir ainsi 175 emplois, a promis la compagnie Ferroglobe (née de la fusion en 2015 de l’Espagnole FerroAtlantica et de Globe Specialty Metals).

Une aide stratégique

Le silicium est un matériau transformé qui peut servir à divers usages industriels, notamment dans l'industrie automobile. Ses prix mondiaux ont beaucoup baissé depuis quelques années.

Et plus ils seront bas, plus les rabais d’électricité consentis par le gouvernement Couillard seront importants pour Silicium Québec.

L'hydroélectricité à prix d’ami demeure l'atout majeur qui justifie la présence de Ferroglobe au Québec, selon Benjamin Crespy, directeur général de Silicium Québec.

«Pour traverser cette période difficile et faire face à la concurrence internationale, nous pouvons également compter sur les 40 années d'expertise de nos employés et l'accès à la meilleure technologie», a-t-il dit.

Pour le gouvernement du Québec, cette aide est stratégique.

«L'usine de Silicium Québec fait partie de la structure industrielle du Québec depuis plusieurs années », a dit la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, Dominique Anglade, qui estime qu’elle joue «un rôle déterminant dans l'essor du manufacturier innovant au Québec ».

Le gouvernement a également souligné que l’usine de Silicium Québec engendrera des retombées fiscales de 13 millions au cours des deux prochaines années, «car l'usine  demeurera ouverte en permanence ».

 À qui la chance?

«Notre priorité est de mettre en place un environnement favorable au développement de nos entreprises. C'est pour cette raison que nous lions le tarif d'électricité de l'entreprise au prix mondial du silicium», a dit de son côté le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles Pierre Arcand par communiqué.

Au-delà du cas de Silicium Québec, il est parfois difficile de savoir qui obtient, ou pas, des tarifs préférentiels d’Hydro-Québec. Pourquoi une aluminerie, par exemple, mais pas la STM?

Depuis 2014, Hydro-Québec a catégorisé de manière stricte sa tarification : les entreprises grandes consommatrices d’électricité sont des «L», ou des «LG».  

Le tarif «L» est depuis le début 2015 réservé aux grands clients industriels qui sont en compétition avec le reste de la planète, soit environ 150 entreprises, dit le porte-parole d’Hydro-Québec, Marc-Antoine Pouliot. Plusieurs alumineries et centres de données en font partie. Les tarifs L sont compétitifs, et leur volet tarif patrimonial est gelé.

Le nouveau tarif «LG» s’adresse aux clients commerciaux et institutionnels qui sont d’aussi gros consommateurs d’électricité, mais qui n’ont pas un procédé industriel en compétition mondiale. Dans leur cas, leur volet tarif patrimonial est désormais indexé à l’inflation.

Une centaine d’entreprises sont ainsi devenues des «LG», dont la Société de transport de Montréal (STM).

Des hausses pour la STM

En devenant une «LG », la STM a connu hausse de ses coûts d’opération d’environ un million$ en 2015. La facture devrait continuer de grimper, même si Hydro-Québec, dit Marc-Antoine Pouliot, aide la société de transport à économiser son électricité.

La STM consomme énormément - elle pourrait payer jusqu’à 30 millions$ en électricité en 2020 et 37 millions$ en 2030 pour déplacer ses clients en métro, d’après des estimations - mais elle n’est pas en compétition avec le reste du monde.

L’Agence métropolitaine de transport est aussi soumise au tarif d’électricité «LG».

Le ministre Pierre Arcand, a été interpellé sur cette question. Il dit attendre un rapport sur la simplification des tarifs que doit lui remettre, au printemps, la Régie de l’énergie du Québec.

Le ministre Arcand a aussi sollicité, en avril 2016, l’avis de la Régie de l’énergie sur des demandes provenant de plusieurs industries, comme les centres de ski et les serriculteurs. Ils souhaitent obtenir de meilleurs tarifs d’électricité, mais ne se qualifient pas comme de grands consommateurs.

 

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