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CHSLD

Sa vieille tante coincée à l'hôpital à cause de la lourdeur du système

TVA Nouvelles

La présence des proches joue un rôle majeur dans la façon dont une personne hébergée en CHSLD y évolue.

Mais le système complique parfois la vie des familles qui désirent être présentes pour aider les leurs.

C'est le cas pour une dame et sa nièce, dont voici l'histoire:

Jeannette Fafard, 96 ans

Capture d'écran TVA Nouvelles

 

Plusieurs fois par semaine, Murielle Fafard quitte Longueuil, où elle habite, et parcourt 40 kilomètres aller-retour pour venir voir sa tante à l'Hôpital de Verdun, dans l’île de Montréal.

Jeannette Fafard, 96 ans, y est hospitalisée depuis le mois d'août. Elle demeurait avec son mari dans une résidence privée de l'arrondissement de LaSalle, voisin de Verdun, lorsqu'elle a fait une chute. Atteinte d'Alzheimer, elle a perdu son mari en octobre. Plus personne ne peut en prendre soin, à part sa nièce.

«Elle a une fille trisomique dans la cinquantaine qui est dans le réseau. Alors, je m'occupe d'elle aussi», témoigne Murielle Fafard, la nièce de la nonagénaire.

Elle aurait pu quitter l'hôpital en octobre, mais le CIUSSS devait d'abord trouver une place en CHSLD adaptée à sa condition.

Murielle Fafard a finalement appris cette semaine que deux CHSLD de Verdun pourraient recevoir sa tante, mais ce n'est pas ce que cette dernière a demandé.

Elle veut plutôt être transférée près de chez sa nièce, en Montérégie. Elle se bute jusqu’ici à des refus. «Je pense que c'est de la maltraitance organisationnelle», répond Murielle Fafard.

Celle-ci a appris qu’une place serait disponible dans un CHSLD de Saint-Lambert, sur la Rive-Sud de Montréal, en Montérégie.

Mais le CISSS de la Montérégie-Centre lui a répondu que c'est impossible. Sa tante devra d'abord être obligatoirement admise pour une période transitoire dans un CHSLD de son lieu de résidence, avant de venir en Montérégie.

«Un traumatisme»

«Il y a des aînés ou des gens qui ont des problèmes cognitifs par exemple, qui doivent être dans un CHSLD. C'est un traumatisme de les changer d'établissement», déplore Murielle Fafard.

Au CISSS de la Montérégie-Centre, 215 personnes sont en attente d'une place en CHSLD. La priorité est donnée aux résidents du territoire qui ne peuvent plus rester à la maison ou qui doivent quitter l'hôpital. De nombreuses personnes âgées provenant de l'extérieur sont aussi sur une liste d'attente pour se rapprocher de leur famille.

«J'ai 74 autres personnes qui pourraient me dire la même chose, qui attendent elles aussi cette place-là, qui sont hors territoire», explique Richard Deschamps, PDG du CISSS Montérégie-Centre.

À Montréal , le CIUSSS du Centre-Sud peut conclure des ententes pour envoyer des personnes âgées dans d'autres CHSLD, dont ceux de la Montérégie, mais elles doivent d'abord être placées en CHSLD.

«On essaie de voir s'il n'y a pas des mécanismes de possibilité d'échange. S'il n'y a pas d'échanges possibles, malheureusement, on doit répondre aux besoins de la personne âgée et l'héberger dans un milieu qui répond à ses besoins», dit Marc Bessette, du CIUSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

«Je ne crois pas qu'il est approprié de la transférer en transit à Verdun, ce qui fait un premier déménagement, et ensuite de la transférer en Montérégie. Et ce sera quand? Est-ce que ça va arriver avant qu'elle meure?» conclut la nièce de Jeannette Fafard.

-D’après un reportage d’Harold Gagné