/news/currentevents

Attaque dans une mosquée de Québec

Des attentats «faciles à préparer» et difficiles à détecter

TVA Nouvelles

Les attentats comme celui perpétré dimanche soir à la mosquée de Québec et qui a fait six morts sont «faciles à préparer» et difficiles à détecter, selon l’expert en terrorisme Michel Juneau-Katsuya.

Rappelons que deux hommes sont entrés dans la mosquée de Sainte-Foy dimanche soir et ont ouvert le feu. Les policiers ont reçu un appel vers 19h55 rapportant des coups de feu. Six personnes ont perdu la vie et huit autres ont été gravement blessées.

«Le type d’attentat qui a été perpétré hier a été facile à monter et à planifier. Il ne suffit que d’avoir des individus qui sont déterminés. Ils peuvent préparer leur attaque dans le silence pendant un bon bout de temps sans être détectés», a mentionné l’ancien agent du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) lors d’une entrevue à LCN.

L’expert donne à titre d’exemple le tireur norvégien Anders Breivik qui avait planifié son attentat pendant cinq ans. Il avait fait 77 morts et blessé 151 personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo et en tirant sur des jeunes réunis sur une île.

«On a affaire peut-être à quelque chose d’un peu similaire, et ça, c’est très difficile à enquêter et surtout à enquêter pour les policiers», estime M. Juneau-Katsuya.

Il a eu l’occasion de discuter dernièrement avec des collègues du FBI et services secrets américains, qui sont préoccupés depuis l’arrivée dans le paysage médiatique de Donald Trump. Ils ont constaté une recrudescence du nombre d’événements violents et haineux envers certaines communautés, dont les musulmans et les juifs.

«De toute évidence, il y a des gens qui s’investissent d’une certaine mission, qui se lancent vers certaines communautés. Québec a semblé dans cette mire», observe l’expert.

«Avec la montée de la politique populiste qu’on a vue aux États-Unis, en Europe, il y a un courant qui s’est tranquillement transformé. [...] Collectivement, on doit faire un certain constat : il y a eu un échec, lorsqu’on a laissé, sous la couverture de la liberté d’expression, un fauve se réveiller.»

La situation américaine doit avoir un écho au Canada, selon M. Juneau-Katsuya.

«Avec certaines déclarations et certains décrets qui ont été pris par le président Trump, ça semble alimenter une certaine méfiance, une certaine peur, soulève-t-il. [...] Ça doit interpeller les dirigeants gouvernementaux canadiens et québécois qui, trop longtemps, n’ont pas regardé le phénomène extrémiste.»

Dans la même catégorie