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Attentat de Québec

La communauté guinéenne de Québec en deuil

Elisa Cloutier | Agence QMI

 - Agence QMI

La communauté guinéenne de Québec était en deuil au lendemain de la tuerie qui a fait au moins six morts, dont deux des leurs, à la mosquée de Québec, dimanche soir.

Les deux victimes d’origine guinéenne, Mamadou Tanou Barry, 42 ans et Ibrahima Barry, 39 ans demeuraient dans le même immeuble à logements de la rue de la Pérade à Sainte-Foy. Toute la journée lundi, des dizaines de proches et membres de la communauté guinéenne de Québec sont venus offrir leurs sympathies aux familles éplorées.

Ceux-ci étaient sans mot, alors que les deux pères de famille laissent dans le deuil leurs femmes, ainsi que sept enfants. «C’est très difficile. C’était des gens courtois, simples et ouverts d’esprit. Ils allaient travailler, s’occupaient de leurs familles et allaient prier», mentionne Souleymane Bah, président de l’Association guinéenne de Québec, encore sous le choc.

Habitués de la mosquée

Selon les proches rencontrés par «Le Journal de Québec», les victimes fréquentaient régulièrement la mosquée de Québec. «Nous étions tous ensemble la veille [samedi soir], puisqu’un de nos compatriotes a perdu son père en Guinée. On a donc convoqué les gens de la communauté pour se rencontrer et aller prier», a-t-il raconté, attristé par les tragiques évènements qui selon lui doivent être «sans pardon» pour le suspect Alexandre Bissonnette.

M. Bah indique par ailleurs que la mère de Mamadou Tanou Barry était arrivée de Guinée à Québec samedi soir, pour visiter son fils et sa famille.

La peur s’installe

Selon plusieurs membres de la communauté musulmane de Québec, l’inquiétude et la peur s’installent au lendemain de cette fusillade, qui a décimé plusieurs familles. «C’est une montée tragique de ces gens qui veulent déstabiliser notre société. C’est très inquiétant et il faut punir sévèrement les auteurs de ça», a mentionné M. Bah.

Le propriétaire de l’Épicerie Quatre-Bourgeois confiait également au Journal qu’il songeait à demander plus de surveillance de la part de la police de Québec aux alentours de son commerce. «Ce n’est pas normal, mais on n’a pas le choix», a déploré Atef Ali, la voix nouée par l’émotion, alors qu’il tentait de se remettre de la perte d’un de ses «très bons amis», le marocain Azzedine Soufiane, 57 ans, propriétaire de l’épicerie-boucherie Assalam. «C’était un homme très bon, toujours calme, qui s’est sacrifié pour sauver des vies», indiquait M. Ali, en racontant que M. Soufiane aurait tenté en vain de prendre l’arme d’Alexandre Bissonnette pendant le massacre.

«Mon garçon avait peur d’aller à l’école, ma voisine âgée de 70 ans m’a proposé d’aller faire mon épicerie à ma place. J’ai été très touchée et triste à la fois», affirmait avec émotion la femme de M. Ali.

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