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Marche à Ottawa

L'attentat de Québec sur toutes les lèvres de manifestants anti-Trump

Guillaume St-Pierre | Agence QMI 

Twitter Antonio Pezoulas

L’attentat de Québec était sur toutes les lèvres et ses victimes «dans les prières» de tout un chacun, lundi, à Ottawa, lors d’une manifestation anti-Trump contre son décret anti-réfugiés.

Des centaines de personnes se sont réunies devant l’ambassade américaine pour entendre des discours, avant de former une longue chaîne humaine encerclant l’édifice de la promenade Sussex.

Visiblement sous choc de l'attentat mortel à Québec, les orateurs invités ont tour à tour exprimé leurs condoléances aux familles des victimes et rappelé l’importance de se réunir ainsi publiquement afin de contrer les discours de ceux qui attisent la haine de l’autre.

Dans leurs déclarations, certains ont tracé un lien entre la rhétorique enflammée de Trump contre l’immigration et la tragédie survenue à la mosquée de Sainte-Foy, dimanche soir, qui a fait six victimes.

«Évidemment que ces deux choses sont liées», croit une travailleuse sociale de la capitale fédérale, Berak Hussain.

Il n’en demeure pas moins que la plupart des personnes présentes avaient peine à croire que pareil «attentat terroriste» pouvait survenir au nord de la frontière canado-américaine, à commencer par Mme Hussain.

«Jamais nous n’aurions cru que la haine et l’ignorance qui sont attisées aux États-Unis se manifestent ici par un acte violent et meurtrier», a-t-elle dit.

Vendredi dernier, le président américain Donald Trump a signé le décret sur la «protection de la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux États-Unis», qui interdit pour 90 jours l’entrée aux États-Unis aux ressortissants de sept pays musulmans jugés dangereux.

Accueillir les réfugiés

Dans ce contexte, les militants ont appelé le gouvernement canadien à assouplir les règles visant les demandeurs d’asile en provenance des États-Unis.

En vertu d’une entente avec son voisin du sud, le Canada ne peut accueillir les réfugiés qui se trouvent aux États-Unis puisque ce pays est considéré comme sécuritaire, sauf exception.

Mais l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche a changé la donne, selon le secrétaire général d'Amnistie internationale Canada, Alex Neve.

«Les États-Unis ne sont plus un endroit sécuritaire pour les réfugiés», a-t-il tranché, exigeant une action immédiate d’Ottawa.

L’Association québécoise des avocates et avocats en droit de l’immigration (AQAADI) a elle aussi interpellé directement le gouvernement Trudeau sur la question, lundi.

Selon l’organisme, le Canada doit se retirer de l’entente, puisque les politiques de l’administration Trump «minent, briment et violent les droits et libertés des ressortissants étrangers et des demandeurs d’asile aux États-Unis».

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