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Attentat à Québec

Mohamed Belkhadir n’en veut pas aux policiers

Jean-François Racine | Agence QMI 

Considéré comme suspect une partie de la nuit, le témoin Mohamed Belkhadir a été victime d'un malentendu après être rentré à l'intérieur de la mosquée immédiatement après les coups de feu. Il a été appréhendé par les policiers, car il fuyait, ce qui a entraîné la confusion.

«Quand il m'a attrapé, quand je fuis, il pense que je suis un suspect. C'est normal», a-t-il expliqué en parlant du policier qu’il l’a appréhendé.

Rencontré à son domicile lundi vers 15 h 30, le jeune homme a mentionné qu'il était soulagé d'avoir été relâché. Il n'en veut pas aux policiers, qui ont très bien agi selon lui.

«La police m'a très bien traité. J'étais dehors à faire le déneigement de l'escalier. J'ai entendu les coups de feu et j'ai hésité, mais je suis rentré prudemment. C'est un réflexe. On ne peut laisser des gens qui ont besoin d'aide. J'ai voulu donner des soins médicaux à un ami avec mon manteau. J'ai vu qu'il respirait encore et je voulais qu'il reste chaud.»

La suite de son témoignage précise davantage ce qui a mené à son interpellation. «J'ai vu comme une image, un homme qui portait une arme. Je ne savais pas que c'était un policier. J'ai pensé que c'était un tireur qui était revenu», a raconté Mohamed pour expliquer ce qui a pu laisser croire qu'il était à l'origine de la tuerie.

Compréhensif

En panique, il a entendu les forces de l'ordre demander aux gens de se coucher au sol. Il aurait ensuite fui à l'extérieur dans le stationnement de la mosquée et c'est à ce moment que les policiers ont cru qu'il était possiblement l'un des tireurs.

«C'est normal. Moi aussi, j'ai mal interprété qu'ils étaient des policiers. Je comprends très bien ce qu'ils ont fait. Ils ont bien fait leur travail. J'ai été menotté, mais je n'ai pas été blessé. Ça s'est bien passé. J'ai mangé et dormi un peu. Ils m'ont proposé un avocat.»

D'après son récit, Mohamed Belkhadir aurait lui aussi contacté les services d'urgence suite à l'attaque. Il dit ne jamais avoir aperçu le tireur.

Ce n'est que lundi matin qu'il a appris la bonne nouvelle après avoir été gardé sous haute surveillance toute la nuit.

«Ils m'ont dit que je n'étais pas un suspect. J'étais tellement soulagé ! J'ai pensé que je ne pourrais plus travailler, que je ne pourrais plus aller à l'université et faire ce que j'ai rêvé. J'ai pensé qu'il y avait une erreur.»

Mohamed Khadir a refusé qu’on le prenne en photo. Il ne veut pas être une vedette, ni un héros. «J'espère que cette entrevue sera la dernière», a-t-il terminé.

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