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Caucus presessionnel du PQ

Débat sur la laïcité: Il faut changer de ton, reconnaît Lisée

Charles Lecavalier | Agence QMI

AK-47 sous une burqa, publicité sur le tchador de la Coalition avenir Québec et les «braises de l’intolérance» de Philippe Couillard: Jean-François Lisée estime que tous les politiciens doivent changer de ton à la suite de l’attentat meurtrier dans une mosquée de Québec.

Le chef du Parti québécois répond à l’appel de Philippe Couillard, qui a demandé lundi aux Québécois de mieux choisir les mots, qui «peuvent unir, guérir ou diviser et blesser».

«C’est une responsabilité collective. Je pense que son appel s’applique à lui-même et à l’ensemble des acteurs politiques, aux médias et certainement aux médias sociaux», a affirmé le chef péquiste mardi lors d’un point de presse en marge du caucus presessionnel du Parti québécois.

M. Lisée reconnait ses propres impairs, dont avoir mis en garde les Québécois contre les dangers de la burqa, assez ample pour cacher un fusil d’assaut. «Ce n’était pas une bonne idée de l’emmener dans le débat québécois», a-t-il lancé.

«Nous avons un ennemi déclaré, l'État islamique, qui recrute ici des gens pour poser des bombes. Notre seul choix est de débattre de l'interdiction de la burka AVANT qu'un jihadiste s'en serve pour cacher ses mouvements pour un attentat, ou APRÈS», avait d'ailleurs déclaré M. Lisée en août dernier, sur sa page Facebook.

Il a par ailleurs souligné ce qu’il considère comme des fautes de ses adversaires politiques: François Legault qui dit qu’une loi qui n’interdit pas le tchador «fait la promotion du tchador». Philippe Couillard qui estime que tout débat sur les seuils d’immigration démontre de l’intolérance. Manon Massé qui affirme «qu’il y a de l’islamophobie et du racisme systémique au Québec».

Difficile moment pour les musulmans

Jean-François Lisée reconnaît qu'il y a un sentiment anti-islam au Québec - mais pas plus qu'ailleurs - et que la communauté musulmane vit un mauvais moment.

Questionné à savoir si le débat sur la charte des valeurs du Parti québécois a pu accentuer les tensions sociales, il a rétorqué que les politiciens doivent être davantage «empathiques et proches de cette communauté pour comprendre son malaise».

Près de neuf ans après le dépôt du rapport Bouchard-Taylor, la société québécoise n’a toujours pas trouvé de solution à cet interminable débat sur la laïcité. «Une des pires choses en plus de l’État islamique et Donald Trump, c’est de faire trainer un débat sur les règles du vivre ensemble sans jamais décider», a-t-il souligné.

«Ce n’est pas un bon moment pour les musulmans le 21e siècle. On peut essayer de départager l’ensemble des conditions qui fait que ce n’est pas un bon moment. La conclusion à laquelle ça doit nous emmener, c’est qu'il faut faire attention».

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