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Centre de prévention de la radicalisation

Plus d'extrême droite au Québec qu’ailleurs au pays

Marie Christine Trottier  

 - Agence QMI

Le Québec est la province qui compte le plus de groupes d'extrême droite au Canada, selon le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV), qui s’en inquiète.

Il y aurait de 20 à 25 groupes d'extrême droite au Québec, contre 18 à 20 en Ontario et 12 à 15 en Colombie-Britannique. Les groupes québécois rassemblent d'ailleurs beaucoup plus de membres, selon les chiffres présentés au comité exécutif de Montréal par Herman

Deparice-Okomba, le directeur du Centre, en marge de l'attentat de dimanche. Il soutient que ces groupes s'en prennent principalement aux communautés musulmanes, immigrantes, juives, autochtones et LGBTQ.

«C'est un enjeu de sécurité publique qui nécessite une réaction populaire. Les gens doivent nous appeler», soutient-il.

Question identitaire

Selon le CPRMV, les groupes d'extrême droite ont une «idéologie qui tourne autour de la question identitaire. L'emphase est beaucoup mise sur la question de l'immigration, car certains disent que l'identité québécoise est menacée», explique M. Deparice-Okomba.

«Je reçois beaucoup de dépliants distribués par des groupes comme la Meute et autres, qui ont déclaré une guerre ouverte à la communauté arabomusulmane», ajoute-t-il.

Rejet de l'étiquette

Des  groupes comme La Meute, Atalante Québec ou la Fédération des Québécois de souche rejettent l'étiquette d'extrême droite tout en embrassant la cause identitaire.

«Le gouvernement et ses institutions placent au même niveau de dangerosité des organisations identitaires avec des groupes terroristes prônant le Jihad. Le résultat en est le suivant; dès le début des événements tragiques qui se sont passés à Québec, les organisations nationalistes sont pointées du doigt, voire accusées par la bande», a écrit Atalante Québec sur sa page Facebook.

Baromètre

Le CPRMV a développé un baromètre de prévention pour situer de potentiels cas de radicalisation menant à la violence. M. Deparice-Okomba relate d'ailleurs que le présumé tireur de la mosquée de Québec avait des comportements qui auraient pu être détectés.

«Pour 80 % des actes de terrorisme et de violence, au Québec et à l'international, on sait que les proches avaient des indicateurs. Le problème, c'est qu'ils ne savaient pas comment les interpréter. C'est pour ça qu'on demande aux  gens de nous appeler dès qu'ils ont des doutes et des préoccupations.

Les représentants de Atalante Québec et la Fédération des Québécois de souche n'ont pas rappelé le «24 Heures».

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