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Entrevue avec Adel, un témoin de la scène

Impacts de balle et taches de sang à l'intérieur de la mosquée de Québec

TVA Nouvelles

Taches de sang et impacts de balle dans les murs: c’est une véritable scène d’horreur que les médias ont pu voir lorsque les portes du Centre culturel islamique de Québec leur ont été ouvertes, mardi soir, pour la première fois depuis la tuerie.

À l’intérieur de la mosquée se trouvait Adel qui a décidé d’accorder une entrevue à TVA Nouvelles. Encore bouleversé par le tragique événement, l’homme priait dimanche soir lorsque le tireur a fait irruption dans la salle principale du centre à Sainte-Foy.

«J’ai tout vu et entendu», affirme-t-il. À l’entrée de la salle de prière, on retrouve la tache de sang d’Azzedine Soufiane. «Par un geste héroïque, il a tenté de neutraliser l’auteur de la tuerie».

«Quand le présumé tireur (Alexandre Bissonnette) est entré, il avait un air décidé, mais calme. C’est comme s’il entrait chez lui. Il tenait son pistolet un peu bas et tirait. Aucun mot n’a été prononcé», se souvient Adel.

«Dieu est toujours grand»

Une soixantaine de personnes se trouvaient au premier étage et il y avait des personnes au sous-sol aussi. 

«Il n’était pas cagoulé. Il arborait une tuque et des lunettes. Le gars est rentré par la porte principale et a commencé à tirer sur tous ceux qui se tenaient près du portoir pour ramasser leurs souliers.»

«C’est nous qui criions "Dieu est toujours grand".Ce message est dit lorsqu’un musulman se retrouve en difficulté», explique le témoin de la scène.

«Il tirait sur tout ce qui bougeait. Il est sorti à trois reprises pour recharger son arme», raconte Adel. 

Adossé au mur avec deux autres amis, Adel s’est retrouvé dans une petite pièce fermée avec une dizaine de ses camarades pour se cacher et tenter de rester en vie. «Nous étions une dizaine. On ne pouvait pas sortir par la porte de secours parce que nous étions dans son champ de vision».

Encore sur le coup de l’émotion, Adel remercie les médias pour avoir affirmé que le tireur de 27 ans s’était radicalisé.

«C’est encore difficile, mais je dois le faire pour ma communauté afin que les gens sachent que le terrorisme n’est pas relié à une religion. Le terrorisme, ce sont des idées qui le nourrissent».

Plusieurs personnes avaient des blessures par balles, mais le témoin de la scène ne voulait pas les toucher puisqu’il «ne voulait pas les blesser encore plus», conclut Adel encore sous le choc.

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