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Travail

Le «trou noir» de retour sur la Côte-Nord

TVA Nouvelles

Est-ce que vous pourriez vivre 4 mois sans salaire?

C’est pourtant la situation que les travailleurs saisonniers de Crustacés Baie-Trinité rencontrent chaque année. C’est ce qu’ils appellent le fameux trou noir.

Dans deux semaines, les prestations d’assurance-emploi de la travailleuse Guylaine Marceau seront terminées. Elle sait que certains de ses collègues sont déjà dans le trou noir. Plusieurs d’entre eux tentent de sauver les meubles comme ils peuvent d’ici leur retour au travail en avril.

«Ça fait 30 ans que je travaille là, et c’est toujours à recommencer à zéro parce qu’on arrive toujours à ce point-là. Il y a des maisons à vendre, ça ne sort plus travailler, parce qu’ils n’ont plus une cenne ! Y’a une seule chose ici qui nous fait vivre, c’est l’usine. C’est tout ce qu’il y a. donc on attend au mois d’avril», explique madame Marceau.

Pendant les quatre à cinq mois que dure la saison à l’usine, des Gaspésiens réussissent à travailler 420 heures à Baie-Trinité pour recevoir 32 semaines de prestations, alors que les Nord-côtiers n’ont droit qu’à 18 semaines de prestations. 

Deux poids, deux mesures selon Guylaine Marceau : «On ne veut pas qu’ils soient pénalisés eux autres. Par contre, on ne veut pas être pénalisés nous autres non plus. On veut être comme les autres ! Pourquoi on n’est pas égaux ? Ils travaillent à la même poissonnerie que nous autres pourtant !»

La députée bloquiste de Manicouagan, Marilène Gill, était dans l’impossibilité d’accorder une entrevue aujourd’hui. Son attaché mentionne toutefois qu’elle souhaite rencontrer le nouveau ministre de la Famille, des enfants et du Développement social pour envisager des solutions au travail saisonnier.