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Deux semaines après le drame

La communauté musulmane de Québec encore effrayée

Elisa Cloutier

 - Agence QMI

Les membres de la communauté musulmane de Québec craignent encore le pire lorsqu’ils se rendent prier dans leur lieu de culte, deux semaines après la tuerie à la mosquée de Sainte-Foy qui a fait 6 morts.

«Je suis venu prier, j’étais à la dernière rangée (la plus près de la porte) et j’avais ce sentiment de peur que quelqu’un rentre et tire», mentionnait Mohamed Labidi, vice-président du Centre Culture Islamique de Québec (CCIQ), alors qu’il s’adressait au ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, qui faisait une visite de la mosquée de Sainte-Foy dimanche, pour démontrer son appui à la communauté musulmane. M. Sajjan était accompagné des ministres fédéraux Jean-Yves Duclos et Judy Foote, ainsi que du député libéral Joël Lightbound.

M. Labidi a admis par ailleurs que «ça demandait beaucoup» de devoir rassurer des parents qui viennent porter leurs enfants venant assister à des cours au centre culturel.

Le ministre de la Défense a indiqué qu’il voulait partager sa sympathie aux membres de la communauté et leur redonner confiance. «On ne se tient pas ici en tant que ministres, on se tient ici en tant que Canadiens, en tant que parents», a-t-il mentionné devant les représentants de la mosquée.

Peur de prier

«Lorsqu’on prie, on ne se sent pas à l’aise», précisait pour sa part le président du CCIQ, Mohamed Yangui, réclamant plus de mesures de sécurité autour de la mosquée.

Un appel entendu par le ministre Jean-Yves Duclos qui a promis d'aborder la question avec le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale, lors de son retour à Ottawa aujourd’hui.

Le député de Louis-Hébert Joël Lightbound a mentionné pour sa part qu’il travaillait à accélérer les demandes de visas provenant des familles de victimes voulant venir épauler leurs proches.

Puces électroniques

Alors que toutes les activités du Centre reprennent «tranquillement» le conseil d’administration du CCIQ tiendra mardi une rencontre communautaire visant à «rassurer et calmer» les membres qui fréquentent le lieu de culte.

M. Yangui précise que des puces électroniques ont été achetées pour sécuriser les lieux. «On va les distribuer à tout le monde, c’est un début. On va voir les doléances de notre communauté et ce qu’on pourrait faire par la suite, avec la police de Québec», a-t-il fait savoir.

Plan de sécurité

Avant l’attentat du 29 janvier, les administrateurs du Centre avaient déjà élaboré un plan d’aménagement, visant à sécuriser les entrées et les sorties du lieu de culte, en plus d’ajouter des sorties de secours. Ce plan sera mis à exécution au cours des prochains mois, selon Mohamed Kesri, secrétaire du CCIQ.

« On va aussi faire des entrainements d’évacuation», a-t-il ajouté.

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