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Discours lors d'une manifestation

Alice Paquet espère ne jamais revoir le visage de Gerry Sklavounos

Jean-François Racine

 - Agence QMI

Alice Paquet a annoncé mercredi soir qu’elle se retirait pour se reposer, précisant du même coup qu’elle aimerait bien ne plus jamais revoir le visage de Gerry Sklavounos.

Près de quatre mois après avoir accusé le député sur la place publique de l’avoir violée, la jeune femme a livré une dernière allocution de trois minutes lors d’une autre manifestation pour dénoncer la culture du viol. La marche prévue a été annulée en raison du froid.

Devant une centaine de personnes réunies devant l’Assemblée nationale, Alice Paquet a répété à quel point il est difficile de briser le silence.

«Il n’y aura pas de suite à mon histoire, a-t-elle dit. Moi, j’ai envie qu’il y en ait une à la vôtre. Le taux de dénonciation est de 5 %, au Québec. On pousse les victimes à dénoncer et lorsqu’on le fait, on frappe un mur. Celui du système judiciaire et policier. Je ne parlerai pas de Gerry Sklavounos ce soir. Je veux l’oublier. Je voudrais ne plus jamais revoir son visage.»

Dans l’ombre

Un peu avant de prendre la parole, elle a aussi souligné que le taux de fausses dénonciations varie de 2 à 8 %. Alice Paquet n’a toutefois pas voulu se prononcer sur le tort causé par ces dénonciations.

«Je vais reprendre ma place dans la marche des survivantes qu’on tente de réduire au silence, a-t-elle mentionné. Je vais aller me reposer. Je vais me retirer. On m’a assez traînée dans la boue. Je vais reprendre ma place avec vous dans l’ombre. Une ombre qui va planer au-dessus de la tête des hommes.»

Le 19 octobre dernier, Alice Paquet avait lancé une bombe au micro lors d’une vigile à l’Université Laval.

Le 2 février, le DPCP a indiqué «qu’aucun acte criminel n’a été commis» pour expliquer sa décision de ne pas déposer d’accusation à l’encontre du député Sklavounos.

De retour au travail

Selon Mme Paquet, le politicien l’aurait invitée dans sa chambre en juillet 2014, après une soirée bien arrosée. Le député indépendant de Laurier-Dorion a repris son siège à l’Assemblée nationale. Le premier ministre Philippe Couillard a refusé de le réintégrer dans le caucus libéral.

Par ailleurs, une adolescente de 16 ans a exigé mercredi soir que les enseignants expliquent la notion de consentement. «Il est temps qu’on écrive noir sur blanc dans un manuel scolaire que le consentement est obligatoire lors d’une relation sexuelle. On est tanné de se faire dire qu’on est trop jeune pour comprendre», a lancé Emma Desmeules.

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