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Étude

EXCLUSIF | Les entreprises manquent de relève au Québec

Marie-Laurence Delainey | TVA Nouvelles

Près d’un an après la vente des Rôtisseries St-Hubert à l’Ontarienne Cara, il y a toujours de grands problèmes de reprise d’entreprises au Québec.

TVA Nouvelles a obtenu une étude dans laquelle des experts du milieu des affaires sonnent l’alarme.

«Il est urgent de prendre le temps nécessaire pour se pencher sur la question», affirme le président-directeur général du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ), Monsef Derraji.

Selon le ministère de l’Économie du Québec, dès 2018, la province comptera 25 200 entrepreneurs de moins, ce qui représente une baisse de 13,9%.

Dans son étude «Reprendre, c’est entreprendre!», le RJCCQ a travaillé, en collaboration avec le Centre de transfert d'entreprise du Québec, pour établir les enjeux et trouver des solutions.

Des dirigeants et jeunes entrepreneurs ont été sondés dans l’ensemble des régions du Québec.

L’étude révèle que 68,4% des participants (des jeunes entrepreneurs dans ce cas) ont affirmé souhaiter reprendre ou acheter une entreprise dans les 5 à 10 prochaines années.

De l’autre côté, 75,9% des dirigeants ont dit vouloir vendre leur entreprise dans cinq ans.

Mais il y a un problème de perception explique M. Derraji.

«À la fois dans la tête des repreneurs, il n’y a pas assez d’entreprises à vendre, ou à acheter, et dans la tête des cédants, il n’y a pas assez de relève prête ou de repreneurs prêts pour reprendre l’entreprise.»

Soixante-trois pour cent (63%) des répondants (jeunes entrepreneurs et dirigeants) affirment qu’il n’y a pas de plan de relève dans leur entreprise.

«Il y a toute une stratégie à mettre en place. Il faut donc passer à l’action le plus tôt possible pour bien le faire. Si on fait ça à très grande vitesse, il peut y avoir des dérapages, on peut vendre ça beaucoup moins cher que ce qu’on souhaitait au départ», ajoute le PDG du Centre de transfert d'entreprise du Québec, Vincent Lecorne.

Les deux organisations suggèrent de mettre en place des programmes de formation.

«Ce n’est pas juste une opération de vente ou d’achat, c’est de l’accompagnement, c’est un plan de gestion», selon M. Derraji.

Parmi les solutions, il y a aussi l’ajout de mesures d’allègement fiscal dans le cas de transfert d’entreprises à la famille, notamment.

L’étude propose également de valoriser davantage les programmes d’aide gouvernementaux.

En effet, 85,9% des jeunes entrepreneurs et professionnels ne connaissent pas bien les subventions gouvernementales disponibles pour le transfert d’entreprises d'après l'étude.