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Partenariat avec le HCR

Aide aux jeunes sans-papiers dans la rue à Montréal

Marie Christine Trottier

 - Agence QMI

Des jeunes sans-papiers pourront bientôt recevoir de l’aide de l’organisme Dans la rue grâce à un partenariat établi avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

«Ces dernières années, on a augmenté de 20 % le nombre de personnes qu’on aide qui ont des problèmes de statut d’immigration ou de visa. Ce sont des situations très complexes», a indiqué Cécile Arbaud, directrice générale de Dans la rue.

L’organisme, qui offre de l’aide aux jeunes en situation de précarité et d’itinérance, n’a toutefois pas nécessairement les ressources requises pour accompagner leur clientèle dans les démarches coûteuses et complexes de l’immigration.

«Ce n’est pas normal qu’il y ait des demandeurs d’asile ou des réfugiés qui se retrouvent dans des ressources pour itinérants. Donc, à quelque part, il y a des manques de ressources», déplore Denise Otis, conseillère juridique au HCR.

«Touriste» depuis deux ans

Pourtant, les intervenants de Dans la rue doivent aider très régulièrement des jeunes comme Jorge*, un Chilien de 24 ans qui est débarqué à Montréal il y a un an et demi. Puisqu’il détient seulement un visa touristique, qu’il a déjà renouvelé quelques fois, il ne peut pas travailler ni étudier au Québec. Son visa expire d’ailleurs à la fin du mois. Bien qu’il ait quelques membres de sa famille qui résident à Laval, ils n’ont pas les ressources pour le soutenir et l’accompagner dans ses démarches d’immigration. Jorge n’a pas non plus les moyens de rentrer au Chili ou en Espagne, où il a déjà habité.

«Au début, je suis venu chez Dans la rue pour manger. Puis après, ils m’ont aidé avec mes démarches en immigration parce que je n’y arrivais pas tout seul», a raconté celui qui rêve d’apprendre le français et terminer son secondaire.

Fêter pour aider

L’Association du jeune Montréal (AJM) a donc décidé d’unir les forces de Dans la rue et du HCR pour aider cette clientèle vulnérable, qui passe parfois à travers les mailles du système de l’immigration. L’AJM organise en mai prochain un évènement pour amasser des fonds qui financeront les ressources à développer conjointement par Dans la rue et le HCR.

«Toutes les règles de l’immigration, c’est extrêmement complexe. Il faut trouver des gens compétents pour trouver un statut et stabiliser ces sans-papiers», a expliqué Maude Pellerin, intervenante depuis 14 ans chez Dans la rue.

Les fonds récoltés par l’AJM serviront donc à payer des formations aux intervenants de Dans la rue, recevoir l’aide d’avocats spécialisés en immigration et développer à l’interne une expertise pour aider spécifiquement ces jeunes sans-papiers.

*Le prénom de Jorge a été modifié pour préserver son anonymat à cause des démarches d’immigration qu’il a entreprises.