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Possible meurtre par compassion de sa femme

«Rien n’excuse de mettre un terme à la vie d’un proche»

TVA Nouvelles

Un quinquagénaire aurait étouffé sa conjointe de 60 ans à l’aide d’un oreiller, hier, dans un CHSLD de Montréal. Arrêté sur les lieux, l’homme aurait dit avoir agi par compassion afin d’alléger les souffrances de son épouse aux prises avec la maladie d'Alzheimer à un niveau avancé.

L’aide médicale à mourir fait l’objet de débat au Québec et dans le reste du pays. Il n’y a pas de consensus, mais de plus en plus de gens souffrants la réclament afin de disposer eux-mêmes de leur propre mort. Plusieurs n’y ont pas droit légalement pour plusieurs raisons, dont celle de ne pas être en fin de vie.

 «Depuis quelques années, quelques cas à la maison en particulier, de gens qui ont mis fin à la vie de leur proche en pensant que c’est la meilleure chose à faire. Quand les gens témoignaient à leur propre procès, ils étaient accablés, complètement épuisés. Ils se sentaient isolés ayant demandé des ressources qu’ils n’ont pas eues, et à un moment ils ont commis l’acte fatal et inexcusable d’avoir mis un terme à la vie de leur proche», formule Paul Brunet du Conseil pour la protection des malades.

Meurtre

L’homme, qui aurait tué sa femme hier au Centre d’hébergement Émilie-Gamelin dans Centre-Sud, a été accusé de meurtre au 2e degré, car il n’y a rien dans le Code criminel concernant le meurtre par compassion.

«On verra ce que la personne aura à dire aux policiers. Était-il complètement dépassé par la situation? C’est quand même un couple relativement jeune. On oublie souvent le proche d’une personne aux prises avec ce genre de maladie-là, mais jamais on ne pourra excuser d’enlever la vie de quelqu’un même pour le meilleur intérêt», réitère Me Brunet.

Démence

Ce dernier explique que les gens hospitalisés au Centre d’hébergement Émilie-Gamelin sont des cas lourds, des personnes souffrant de graves maladies, des cas de démence. «C’est très difficile pour ce couple quand l’un des deux est diagnostiqué d’une telle maladie et qu’il en souffre», poursuit Paul Brunet, surtout chez un couple de cet âge.

Si la victime souffrait effectivement de la la maladie d'Alzheimer, elle n’était pas apte à consentir aux soins en fin de vie. Cet aspect de l’aide médicale à mourir préoccupe Me Brunet qui souhaite que l'État légifère.

«On l’avait demandé à la commission parlementaire du projet de loi 52 à l’époque et l’on continue à le faire. On voudrait qu’il soit possible de demander à l’avance les soins palliatifs terminaux. Quand ça nous arrive, que l’on puisse obtenir ces soins-là, si la situation et les conditions de la loi s’y présentent», fait valoir Paul Brunet.

Le suspect de 55 ans arrêté hier à Montréal a comparu au palais de justice aujourd’hui.

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