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Devant les pressions populaires

Québec recule sur le crédit d’impôt pour les aînés

Charles Lecavalier | Journal de Québec

Le gouvernement Couillard recule sur la hausse de l’âge d’admissibilité au crédit d’impôt pour aînés en raison des pressions populaires, mais estime toujours que c’était une bonne idée.

«Je pensais encore, peut-être naïvement, que j’étais capable d’expliquer cela. De toute évidence, ça n’a pas été le cas. Je l’annule parce que je me rends compte que dans la vraie vie politique de tous les jours c’est une mesure qui ne passe pas», a candidement avoué, mercredi, le ministre des Finances Carlos Leitao lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale.

La décision de rehausser l’âge d’admissibilité du «crédit d’impôt en raison de l’âge» de 65 à 70 ans devenait un véritable boulet pour M. Leitao, qui a annoncé mardi une baisse d’impôt pour les riches dirigeants d'entreprises payés en option d'achat d'actions, très mal reçue dans le contexte. Les partis d’oppositions rongeaient cet os depuis la semaine dernière et les groupes de défense des droits des aînés ont fait un point de presse conjoint à Québec en menaçant le parti libéral de conséquences politiques.

Avec la réforme, les Québécois nés après 1951 auraient dû attendre à 70 ans pour obtenir ce cadeau fiscal qui peut atteindre 500 $ cette année. «Ç’a généré beaucoup d’inquiétude. Malheureusement, cette inquiétude n’était pas fondée sur des faits, mais l’inquiétude était réelle», a dit M. Leitao.

La situation a occupé la majeure partie des discussions lors du caucus matinal du PLQ. «Toute la semaine passée, en fin de semaine, tous les députés du parti libéral, les aînés ont communiqué avec leurs députés. Moi aussi, des citoyens de mon compté m’ont interpellé directement à mon bureau vendredi. Il y avait beaucoup d’inquiétude et de désinformation», a-t-il dit.

Cette compression finançait un nouveau crédit d’impôt pour inciter les personnes de plus de 62 ans à rester au travail, crédit qui ne sera pas aboli. Le ministère des Finances se retrouve donc avec un trou de 273 millions $ sur quatre ans. Cette année, le coût du crédit sera de 18 millions $, mais avec le vieillissement de la population, il coûtera de plus en plus cher. «On doit maintenant analyser comment on peut compenser le reste des 200 quelques millions», a laissé tomber M. Leitao.

La semaine dernière M. Leitao et le premier ministre Couillard défendaient toujours la mesure. Jeudi, ils avaient jeté du lest en promettant des ajustements. Mardi, M. Leitao s’engageait à protéger les aînés à faible revenu et aujourd’hui, il recule tout simplement.

«C’était quelque chose qui nous semblait utile. Ce crédit qui existe depuis 1972, c’est normal de le revoir en 2017. [...] De mon côté, j’admets qu’il n’y a pas eu un effort assez soutenu en terme de communication», a-t-il reconnu.

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