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«Mes longs voyages»

Daniel Lavoie déballe ses mémoires

Caroline Vigeant | Agence QMI 

SÉBASTIEN ST-JEAN / AGENCE QMI

Daniel Lavoie n’enregistra plus d’album, a-t-il officiellement annoncé au public du Théâtre Maisonneuve, jeudi soir, alors qu’il y présentait en première son spectacle «Mes longs voyages».

Il faut dire que le titre de l’opus paru à l’automne – une chanson de Félix Leclerc – était évocateur en soi.

«C’était mon dernier album, comme ça vous ne serez pas obligés de l’acheter», a-t-il dit à la blague avant d’évoquer la maladie qui l’a frappé récemment et le temps qui passe trop vite.

Spirale du temps

Dès la levée du rideau, l’artiste sur le point de souffler ses 68 bougies nous a entraînés dans sa spirale du temps grâce à une projection d’images en noir et blanc ainsi que d’un habillage sonore datant de la première moitié du siècle dernier. Très réussi. Installé au piano, entouré de six musiciens, dont une section de cuivre, il nous a livré les mémoires d’une feuille de route bien garnie.

La nervosité des jeunes premiers ne s’est pas emparée du vétéran. Au contraire, celui qui a passé une partie de l’automne à Paris à renfiler la soutane de Frollo dans «Notre-Dame-de-Paris» a vite mis le public dans sa poche en plus de s’avérer un excellent conteur.

Lavoie, qui évolue sur scène depuis cinquante ans, a continué d’égrener ses souvenirs sur l’air mélancolique du «Cimetière des rêves» et la très belle «La nuit je mens» d’Alain Bashung. Certes, la maladie – une infection pulmonaire - a laissé des traces. Le souffle est plus court; la voix moins souple. Mais la douceur feutrée qui s’en dégage ne rend l’interprétation que plus riche.

La chimie

Même si la salle n’était pas pleine à craquer, force est d’admettre qu’il existe une réelle chimie entre Daniel Lavoie et son public qui le suit depuis plusieurs décennies. Très attentive, l’assistance lui montrait à chaque intervention qu’il avait encore beaucoup à lui offrir.

Parmi les moments forts, on a bien aimé «La ballade de Chet», livrée à la manière d’un jazzman et «Mes plus longs voyages», suivie d’une longue et poignante ovation juste avant... l’entracte.

Force tranquille, Daniel Lavoie a livré une prestation sans faille, très personnelle et qui a satisfait les attentes jeudi. Après une première partie plus lourde de sens et consacrée au plus récent album, les nostalgiques ont été ravis d’entendre une enfilade des plus grands succès par leur hôte qui avait changé l'ambiance, troquant parfois le piano pour la guitare.