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Cancer du cerveau

Après avoir demandé l’aide à mourir, il obtient son congé des soins palliatifs

TVA Nouvelles 

Michel Dupras, souffrant d’un cancer du cerveau, a été transféré aux soins palliatifs, où il devait vivre ses derniers moments, en décembre dernier. Or, contre toute attente, son état s’est amélioré et il a obtenu son congé un mois et demi plus tard.

Il a reçu le diagnostic le 5 septembre. On lui a annoncé que la maladie progressait de façon fulgurante et que le cancer avait atteint le stade 4.

Pourtant, M. Dupras ne ressentait aucun symptôme. C’est son médecin de famille qui avait détecté une bosse dans son cou. Quelques semaines plus tard, il était sur la table d’opération.

«En passant le scan, ils ont vu une tumeur, a-t-il dit sur le plateau de Denis Lévesque. Ce n’était pas avancé. Elle avait seulement deux centimètres et ils l’ont enlevée.»

Toutefois, le scan suivant a démontré que la taille de la tumeur avait doublé. Après une nouvelle opération, Michel Dupras a ressenti un premier symptôme seulement cinq jours plus tard.

«J’ai paralysé de la main gauche, a-t-il raconté. Je suis descendu à l’hôpital en ambulance. C’est là que j’ai demandé l’aide à mourir. Ma peur, c’était de paralyser.»

Vu la progression de la tumeur, les spécialistes ont proposé à M. Dupras de se rendre aux soins palliatifs plutôt que de retourner sur la table d’opération.

«J’étais très serein là-dedans. Je n’ai pas peur de la mort, a-t-il dit. Ce qui me fait peur, c’est de ne plus être capable de rien faire. J’ai vu ma mère et ma sœur mourir de ça, puis je ne voulais pas être comme ça.»

Toutefois, Michel Dupras ne se sentait pas faiblir. Au contraire, il sortait même de la maison pour aller dans les bars et a participé au party de Noël de son employeur.

Vivre jusqu’au 23 janvier

Aux soins palliatifs, Michel Dupras a fait des rencontres et a vu avec difficulté plusieurs patients perdre leur combat contre le cancer.

«Je voulais vivre jusqu’au 23 janvier parce que mon garçon est mort à cette date-là, a-t-il confié. Il est mort du syndrome de la mort subite à neuf mois.»

Sa demande d’aide médicale à mourir avait été acceptée par les deux médecins sur place. Il ne restait plus que le médecin de famille à confirmer officiellement, même s’il avait déjà donné son accord.

Or, la date approchait et Michel Dugras avait encore bonne mine.

C’est à ce moment que des médecins de l’Université de Sherbrooke lui ont offert un traitement expérimental qui pouvait allonger sa vie de cinq ans. M. Dupras a accepté, a annulé sa demande d’aide médicale à mourir et n’a plus revu ces médecins traitants.

«J’ai eu la force de me battre, a-t-il affirmé. Pour cinq ans, je vais me battre, mais pour six mois, je ne me battrai pas.»

Michel Dupras a passé un scan la semaine dernière pour constater l’évolution du cancer et il attend les résultats. Aujourd’hui, Michel Dupras n’a pas la force de travailler et il ressent quelques maux de tête. Il a tout de même de l’énergie et est heureux de pouvoir vivre avec ses enfants.

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