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Son fils tué par erreur par les motards

Elle craint que de nouvelles vies soient «brisées»

TVA Nouvelles

Alors que les Hells Angels reviennent en force au Québec, la mère de l’une des victimes innocentes de la guerre des motards craint une escalade de la violence et que de nouvelles vies soient «brisées».

Il y a 15 ans, le 14 mars 2002, Yves Albert était assassiné après que son véhicule eut été confondu avec celui d’un motard criminel à une station-service de Saint-Eustache, faisant vraisemblablement de lui la dernière victime innocente de la guerre des motards qui a sévi du milieu des années 90 et au début des années 2000 au Québec.

«Yves avait un véhicule Intrépide vert avec les numéros inversés. Il s’est arrêté pour gazer et ils l’ont tué pensant qu’ils avaient atteint le chef des Bandidos», a raconté en entrevue à l’émission Le 9h la mère d’Yves Albert, Dolores Mallet.

Le soir du drame, l’homme qui travaillait pour Purolator s’en allait justement chez sa mère pour l’aider avec son ordinateur, mais il ne s’est jamais rendu.

«Au début, quand la police m’a dit que c’était les motards, je pensais que mon fils avait une vie cachée que je ne connaissais pas. J’étais vraiment surprise», s’est souvenue Mme Mallet. «Ta vie s’arrête. Ta vie bascule.»

À l’époque, les policiers ont retrouvé incendié le véhicule dans lequel aurait pris place le meurtrier d’Yves Albert, mais l’enquête n’a jamais permis de mener à l’arrestation de qui que ce soit. Une récompense allant jusqu’à 50 000$ avait même été offerte dans les mois suivants, en vain.

Quinze ans plus tard, la famille ne s’attend plus à un dénouement.  «On n’a pas eu de nouvelles et on en aura probablement jamais»,  confie la sœur d’Yves Albert, Sylvie.

Quant à la mère de l’homme, elle affirme qu’elle ne pourra jamais faire son deuil, mais qu’elle a plutôt appris à «vivre avec».

«On n’oublie pas sa mort, mais on oublie les événements de sa mort. On n’y pense pas tous les jours, mais là, comme les motards reviennent dans l’actualité, on se demande s’il va y en avoir d’autres. Je ne voudrais pas que ça se reproduise. C’est des vies brisées», conclut la femme.