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Écoute électronique

«L’immunité diplomatique, ça n’existe pas», affirme Couillard

Pascal Dugas Bourdon

 - Agence QMI

Le premier ministre Philippe Couillard a contredit, vendredi, la version d’un policier de la Sûreté du Québec (SQ) selon qui certains politiciens auraient eu droit à l’«immunité diplomatique» dans le cadre d’une enquête policière.

Un rapport rendu public jeudi laisse entendre que la SQ aurait choisi, selon le «principe d’immunité diplomatique», de ne pas mettre certains politiciens sous écoute lors du projet Diligence, en 2009. Cette enquête s’intéressait à l’infiltration du crime organisé dans l’économie, notamment dans l’industrie de la construction.

Or, non seulement le premier ministre a contredit le policier, mais il a aussi nié l'existence d'une telle politique.

«On m’a dit que ça n’avait jamais existé cette politique [d’immunité diplomatique] et que ça n’existe pas», a-t-il affirmé.

«Il n’y a pas de raison de penser que des gens auraient [eu droit à] des politiques différentes selon leur statut. [...] Tous les citoyens, devant les lois, sont égaux», a-t-il ajouté.

L’opposition exige des explications

La Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti québécois sont d'avis que cette possible «immunité diplomatique» accordée à des élus soulève plusieurs questions sur les liens entre le politique et la police.

«Comment se fait-il que la SQ enquête sur le crime organisé dans l’industrie de la construction, et que lorsque ça nous amène vers des libéraux, vers des politiciens, eh bien là, on invoque l’immunité [diplomatique]?», a demandé le député caquiste Simon Jolin-Barrette, lors d’un point de presse, vendredi matin.

Ce dernier accuse également la SQ d’avoir «fermé les yeux» sur d’éventuelles informations qui auraient pu faire peser des soupçons sur des politiciens. Quant à l’excuse de «l’immunité diplomatique», il «ne croit pas que ça s’applique [ici]», a-t-il fait savoir.

«Pas mal la même gang» qu’en 2009

Le député de Borduas exige maintenant du premier ministre Philippe Couillard certaines explications.

«Qui était au courant? Qui a été informé au gouvernement qu’ils étaient sous écoute? Qui a été informé parmi les ministres?», a-t-il questionné, en précisant que les ministres et députés libéraux actuels, c’est «pas mal la même gang» qu’en 2009.

Réaction similaire chez le député du PQ Alain Therrien, qui demande que le Directeur des poursuites criminelles et pénales et la SQ viennent s’expliquer en commission parlementaire.

«On se pose la question. Qui a demandé l’immunité? Pourquoi on l’a demandée? Est-ce qu’on a eu des preuves qui découlent de ce retrait de cette écoute électronique?», a demandé M. Therrien.