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Équipements défectueux : les pompiers ont ordre de ne pas intervenir

Yves Poirier | TVA Nouvelles

Les pompiers de Montréal viennent de recevoir la consigne de leur syndicat de ne pas intervenir sur les lieux d'un incendie s'ils estiment que leur équipement respiratoire n'est pas conforme et sécuritaire, a appris TVA Nouvelles.

Cette déclaration-choc a été faite samedi par Ronald Martin, le président de l'Association des pompiers de Montréal, sur les ondes de TVA Nouvelles.

M. Martin a réagi à de nouveaux problèmes avec les appareils respiratoires, plus particulièrement avec les piles situées dans le masque qui alimentent un témoin lumineux qui informe le pompier s'il a suffisamment d'oxygène pour poursuivre le combat.

Yves Poirier | TVA Nouvelles

Des sources indiquent que les piles AAA tomberaient à plat rapidement. Des pompiers appréhendaient d'ailleurs ce scénario qu'elles ne résistent pas au froid.

«Il est clair que personne, parmi nos membres, ne va intervenir sans un appareil conforme et sécuritaire. On veut assurer leur santé et leur sécurité. Pour éviter toute ambiguïté, les pompiers qui n'ont pas d'appareil respiratoire conforme n'interviendront pas et ne répondront pas à l'appel. Ce sont d'autres unités qui vont répondre à leur place.»

Selon M. Martin, l'employeur a présentement 900 piles en réserve. Il ajoute qu'une commande de 16 000 piles a été logée, mais la réception n'a pas été faite, indique-t-il. «Il est extrêmement important que l'ensemble de l'appareil respiratoire soit prêt à être utilisé en toute sécurité.»

La Ville se fait rassurante

En réaction, Philippe Sabourin, porte-parole administratif de la Ville de Montréal, a voulu se faire rassurant en indiquant que dans toutes les casernes, il y avait des piles AAA ainsi que les tournevis pour changer les piles.

«La procédure est claire, au début du quart de travail, les pompiers ont l'obligation de faire la vérification de l'état de faire piles. Ils ont aussi cette obligation après chacune des interventions. Même si le témoin lumineux est toujours vert, ils doivent quand même changer les piles aux quatre mois, et signer un registre lorsque c'est fait», explique M. Sabouin. Il ajoute que les casernes ont des piles AAA en quantité suffisante.

Rappelons qu'en novembre dernier, les pompiers de Montréal éprouvaient déjà de sérieux problèmes avec leurs appareils respiratoires tout neufs, avait appris TVA Nouvelles.

Des bouteilles d’oxygène qui tombent

Certains d’entre eux avaient carrément perdu leur bouteille d’air en pleine intervention.

L’équipement en cause est le harnais qui permet aux sapeurs de transporter leur réservoir d’oxygène lorsqu’ils arrivent dans une pièce remplie de fumée.

Le 2 novembre dernier, les bouteilles d’air de trois pompiers se sont détachées et sont tombées au sol, puisque le système d’ancrage a failli.

Ces harnais, fabriqués par la compagnie Interspiro, ont été achetés auprès d’un fournisseur de la Mauricie, la compagnie 1200°, au coût de plus de 6 millions $.

Face à cette situation, le Service de sécurité incendie a dû transmettre des directives urgentes dans toutes les casernes.

De son côté, 1200° indique que les harnais conçus par Interspiro sont des appareils fiables et haut de gamme et que des correctifs ont déjà été apportés.

Au total, 800 de ces appareils sont en service sur l’île de Montréal.

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