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Tragédie dans le ciel

La barrière de la langue, une difficulté pour les apprentis-pilotes

TVA Nouvelles

En plein vol , la difficulté de comprendre l’anglais et le français peut être déstabilisante pour les apprentis-pilotes venant de l’extérieur du pays, estime un expert en aviation.

Pour Charles-Éric Lamarche, l’aéroport de Saint-Hubert est un peu «la Mecque» des écoles de pilotage. Comme il y beaucoup de trafic aérien, on approche de conditions similaires à celles d’un grand aéroport.

De nombreux élèves viennent donc de l’extérieur, notamment de Chine, pour apprendre à piloter. C’était notamment le cas des deux pilotes impliqués dans l’accident survenu vendredi à Saint-Bruno-de-Montarville. Un des deux a perdu la vie, l’autre a été gravement blessé.

Plusieurs de ces apprentis-pilotes ont des capacités restreintes en anglais.

«Ils doivent prouver leurs compétences linguistiques, mentionne-t-il. Mais imaginez, vous arrivez avec un anglais relativement de base, vous êtes à vos premières armes au pilotage. L’instructeur juge que vous êtes apte à y aller seul, il certifie que vous êtes correct pour gérer toutes ces informations-là. Et là, vous vous retrouvez seul, il y a beaucoup, beaucoup de trafic.»

C’est à ce moment que les choses peuvent que la barrière de la langue peut avoir de graves conséquences.

«Imaginez, si vous avez toujours besoin de tout traduire dans votre tête, ça augmente les facteurs de risque. On a plus de chance qu’une communication soit ratée ou mal interprétée.»

Les petits appareils comme ceux impliqués dans le triste accident de vendredi sont en «vol à vue» à proximité de l’aéroport de Saint-Hubert. Ainsi, si la tour de contrôle annonce qu’il y a un autre aéronef à proximité, le pilote doit confirmer qu’il l’a en vue. Sinon, il doit avertir les contrôleurs qu’il ne le voit pas. Dans ce cas, la tour le déroute pour éviter un impact.

«Est-ce qu’il y a des communications que les pilotes ont manquées? Est-ce que [les contrôleurs] étaient en surcharge de travail à ce moment-là?», se questionne l’expert.

Il est encore difficile de comprendre ce qui a causé l’accident. Si les pilotes ne se sont pas vus et n’ont pas été en mesure d’éviter l’impact, ce pourrait être en raison d’un éblouissement, d’un angle mort, ou encore d’une multitude d’autres facteurs.

«Les enquêteurs [du Bureau de la sécurité dans les transports] vont avoir beaucoup de travail à faire. Ils vont écouter les bandes audios, ils vont regarder l’imagerie radar venant du contrôle aérien, pour mieux comprendre ce qui s’est passé hier.»

On ne retrouve pas de boîte noire dans les petits appareils de ce type. Toutefois, selon l’expert, l’analyse des carcasses et des autres éléments devrait permettre d’avoir une bonne idée des causes de la collision.

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