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Faillite de DEP

Des pertes de 700 000 $ pour l’industrie de la musique

TVA Nouvelles

Avec la disparition de DEP, plusieurs artistes perdent la compagnie qui distribuait leurs disques depuis 20 ans auprès des détaillants.

L'annonce en janvier dernier de la faillite de HMV, qui va bientôt fermer ses portes, a donné un coup fatal à l’entreprise. Selon une estimation préliminaire, c'est 700 000 $, peut-être même un million, que perdent les compagnies de disques et leurs chanteurs.

«HMV, dans sa fermeture, dans sa faillite, n'a pas honoré ses engagements envers ses distributeurs, explique Philippe Bertrand, spécialiste en marketing numérique. DEP faisait partie du lot des distributeurs. Donc, ils n'ont tout simplement pas été payés.»

À Ottawa, le NPD s'est inquiété des malheurs de l'industrie du disque.

«Le Canada doit se positionner dès maintenant pour encadrer tous les nouveaux fournisseurs en ligne, qu'ils soient basés à Montréal, Los Angeles ou dans un autre paradis fiscal», soutient Pierre Nantel, député néo-démocrate de Longueuil-Saint-Hubert.

«Nous avons lancé des consultations publiques au cours de la dernière année pour justement repenser tout l'impact que les services numériques ont», réplique la ministre du Patrimoine canadien

Des impacts chez les artistes

Ian Lee a connu quelques succès à la radio. La faillite de DEP lui coûte aussi de l'argent, mais moins qu’à d'autres artistes. Il a maintenant réorienté sa carrière. Il lui semblait clair qu'il ne pourrait pas vivre de sa musique.

«J'ai rencontré des jeunes dans des événements, des soirées, dit-il. Et il y a un jeune en particulier avec qui je me suis assis, et j'ai discuté avec lui. Il me disait: 'J'adore tes chansons. J'ai écouté ça avec mes amis tout l'été. Mais, moi, je n'achète pas la musique. Je ne suis pas prêt à dépenser.' J'ai dit: 'Tu n'es pas prêt à dépenser un dollar pour une chanson que j'ai passé des jours à écrire, pour laquelle j'ai dépensé 2000 dollars pour endisquer, 3000 dollars pour la promo radio, le vidéoclip? Tu n'es pas prêt à dépenser?' Mais il m'a payé une poutine de quatre dollars, par contre.»

Depuis plusieurs années que l'industrie du disque québécoise cherche des solutions pour s'adapter à l'ère du tout numérique. Et l'avenir ne laisse présager rien de bon.

«Il y a un avenir pour la chanson, mais est-ce qu'il y a un avenir lucratif pour la chanson? s’interroge Ian Lee. Je ne sais pas, ça va être difficile.»

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