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Projet d'Hydro aux États-Unis

Les Québécois devront-ils payer pour l’enfouissement des lignes?

Michel Jean

 - TVA Nouvelles

Les montagnes Blanches avec leurs sommets vertigineux offrent un spectacle unique dans l’est de l’Amérique. Le projet Northern Pass prévoit y faire passer une ligne de haute tension pour acheminer l’électricité du Québec. Pour calmer l’opposition, les promoteurs, Hydro-Québec et l’Américaine Eversource, ont dû accepter d’enfouir les lignes de hautes tensions dans la région considérée comme un joyau environnemental. Plus de 100 kilomètres passeront sous terre, un procédé couteux qu’Hydro-Québec a toujours refusé d’appliquer au Québec.

«Il y avait une grande préoccupation dans la population face au projet à cause de ses impacts sur l’environnement, sur la nature», explique le gouverneur du New Hampshire, Chris Sununu. Contrairement à sa prédecesseure démocrate, le gouverneur républicain nouvellement élu appuie fermement Northern Pass. Et il croit que l’enfouissement des lignes constitue un élément clé de l’acceptation sociale du transport de l’électricité québécoise vers les États-Unis. «Les promoteurs ont bien fait de répondre aux inquiétudes des gens, ajoute-t-il. J’ai été en affaires dans la région et je suis bien placé pour comprendre l’importance de ces questions pour la population. »

Notre Bureau d’enquête révélait récemment qu’Hydro s’apprêterait à défrayer les 500 millions de dollars que va coûter l’enfouissement par le biais de frais de transport versés sur une période de 20 ou 30 ans.

«Hydro-Québec va payer pour la ligne construite au Québec et les Américains pour celles construites chez eux», affirme Lynn St-Laurent, porte-parole de la société d’État. Mme St-Laurent refuse toutefois de dévoiler les détails de l’entente, car cela selon elle, cela donnerait un avantage aux concurrents d’Hydro.

Est-ce que le Québec va payer pour enfouir des lignes du côté américain, alors qu’elles ne le seront pas de ce côté-ci de la frontière? Questionné par TVA Nouvelles, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, s’en est tenu à la version officielle de la société d’État. «La raison pour laquelle on fait ce projet, dit-il, c'est qu'au Québec, on a besoin pour soutenir nos services publics, éducation, santé, solidarité, du revenu que nous apporte la vente d'électricité à l'étranger.»

Mais de nombreux experts soutiennent qu’à ce coût, Northern Pass perdrait toute rentabilité pour le Québec. Mais en ces temps de surplus énergétique, les options pour augmenter les exportations se font rares.

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