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Étude

Québec doit modifier son approche pour stimuler l'innovation

Agence QMI

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Pour relancer la recherche et le développement (R-D) dans le secteur privé, le gouvernement du Québec devrait recentrer sa stratégie sur les PME, suggère une étude du Centre sur la productivité et la prospérité (CPP) de HEC Montréal.

«Non seulement cette analyse révèle que les sommes importantes que l’État québécois consent depuis des années à l’innovation ne portent pas leurs fruits, mais que ce sont surtout les grandes entreprises qui en profitent», a déclaré Robert Gagné, directeur du CPP.

«Alors que les PME représentent 98 % du tissu économique au Québec, seulement 1,7 % d’entre elles se prévalent du crédit à la R-D», a-t-il ajouté.

L’étude mentionne que le crédit d’impôt à la R-D a été de 735 millions $ durant l’année fiscale 2013-2014, ce qui en faisait «le plus important programme d’aide aux entreprises».

Le CPP fait cinq recommandations au gouvernement du Québec dans le but de relancer l’innovation dans le secteur privé.

Il suggère de ne plus offrir systématiquement un financement aux grandes entreprises dès qu’elles répondent aux conditions du crédit d’impôt à la R-D, mais plutôt de privilégier une approche par projet.

L’étude recommande de n’offrir le crédit d’impôt à la R-D qu’aux PME et d’en restreindre la portée de telle sorte qu’il ne soit plus pleinement remboursable, ni permanent.

En troisième lieu, le CPP propose au gouvernement québécois d’abolir la taxe sur la masse salariale des PME, ce qui permettrait à ces entreprises de dégager des liquidités pour financer des activités d’innovation qui ne correspondent pas toujours aux critères officiels en matière de R-D (investissement dans les TIC, modernisation de la production, acquisition de brevets ou de licences, etc.).

Dans le cas des PME manufacturières québécoises, l’étude recommande au gouvernement de faire un effort particulier et d’unifier deux mesures existantes en un seul crédit à l’investissement favorisant la compétitivité.

Pour les PME manufacturières, ce crédit s’ajouterait au crédit à la R-D.

Enfin, l’étude suggère que le gouvernement du Québec fasse «un examen approfondi» et périodique de ses interventions et des organismes qu’il finance dans le domaine de l’innovation.