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Ouverture d'une enquête

La police chinoise admet des tortures après la mort d'un suspect

Agence France-Presse

La police chinoise a exceptionnellement admis qu'une enquête avait été ouverte sur des tortures qui auraient été infligées à un suspect décédé lors de sa détention dans la province du Henan, a rapporté mardi la presse locale.

«Le 12 mars 2017, un suspect est mort alors que des enquêteurs de notre bureau travaillaient sur une affaire de fraude aux télécommunications», a rapporté la police du comté de Wenxian sur son compte Weibo, le «twitter chinois».

«Les policiers chargés de cette affaire sont soupçonnés d'avoir recouru à la torture afin d'arracher des aveux et d'obtenir des preuves», selon ce message diffusé la semaine dernière, qui précise que les responsables seront «durement sanctionnés».

Le message a été vu plus de 13 millions de fois, a précisé mardi le quotidien de langue anglaise Global Times. La plupart des internautes saluent la transparence dont a fait preuve la police locale.

D'après le site d'information Paper.cn, les policiers incriminés ont été suspendus et leur dossier transmis au parquet pour enquête.

«Ce n'est pas la première fois que la police chinoise reconnaît un cas de torture mais c'est la première fois que la police diffuse une information de ce type sur un réseau public», a déclaré à l'AFP le professeur Chen Guangzhong, de l'Université de droit et de science politique de Chine.

Les tribunaux chinois ont un taux de condamnation de 99,92%. Les organisations de défense des droits de l'homme estiment que les enquêtes judiciaires sont souvent faussées par des aveux arrachés de force.