/regional/troisrivieres/mauricie

Démolition à risque de l'hôtel de La Salle

Les travailleurs et le public exposés à un nuage de fumée d'amiante

Jonathan Roberge | TVA Nouvelles

Près d'une semaine après que la CNESST ait fermé le chantier de l'ancien hôtel de La Salle à Shawinigan; la FTQ Construction accuse l'entrepreneur de négligence. Elle réclame que des actions sévères soient intentées contre les entreprises qui mettent en danger la santé des travailleurs.

L'entrepreneur chargé de la démolition savait que de l'amiante se trouvait dans l'ancien hôtel de La Salle. Dès le premier coup de pelle, des travailleurs, mais aussi de simple passant se sont retrouvés coincés au milieu d'un nuage de poussière.

TVA Nouvelles

«Pour moi, de faire travailler volontairement des travailleurs en présence d'amiante sans qu'il n'y ait de méthodes de travail adéquates, c'est un geste criminel parce qu'on vient attaquer leur intégrité physique», estime Simon Levesque de la FTQ Construction.

En 2015, 118 Québécois sont morts d'une maladie professionnelle liée à l'amiante. La moitié d'entre eux ont succombé à un cancer de la plèvre, l'enveloppe qui recouvre le poumon.

Encore aujourd'hui, plusieurs entrepreneurs prennent ces statistiques à la légère.

«Les travailleurs sont très peu informés sur la présence d’amiante. Comme travailleur j'ai aussi été exposé à l'amiante. Je savais qu'il y en avait et je questionnais. La réponse que j'avais, c'est que ce n'est pas grave une fois de temps en temps. Comme si ça n’avait pas d'impact pour la santé. C’est complètement faux.»

D'autres démolitions sont en cours en Mauricie.

Même si le propriétaire de cet immeuble sur la rue Fusey à Trois-Rivières assure qu'il n'y a pas de risque; l'entrepreneur entend demander une expertise pour vérifier s'il y a de l'amiante à l'intérieur des murs.

« Il m'a dit qu’il n’y en a pas... mais on va faire faire des tests quand même pour la sécurité des travailleurs et de l'entourage », explique Martin Legris des Entreprises SML. 

La maladie est sournoise et elle peut se déclarer jusqu'à 25 ans après l'exposition.

La FTQ Construction demande au gouvernement de punir sévèrement les entrepreneurs négligents et estime que les amendes actuellement prévues par la loi ne sont pas suffisamment dissuasives.