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Hausse de la rémunération des hauts dirigeants

Bombardier: les syndicats s’en souviendront

Michel Bellemare

 - Agence QMI

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Les syndicats d’employés de Bombardier sont aussi en colère face à l’intention qu'avait la compagnie d’accorder d’importantes hausses de rémunération à ses hauts dirigeants et disent qu’ils s’en souviendront lors de futures négociations.

«Nous avons 300 membres qui sont en mise à pied au centre de finition et qui sont en attente d’être rappelés à un moment indéterminé», a affirmé dimanche au cours d’une entrevue avec l’Agence QMI, Renaud Gagné, directeur québécois pour le syndicat Unifor, qui représente les employés de Bombardier à son centre de finition des avions Global à Dorval.

«Il est toujours question de réduire les coûts, d’augmenter la sous-traitance. Même en Ontario à l’usine de Havilland et à Thunder Bay. C’est décourageant et un peu indécent. Ils pourraient garder une petite gêne. Nos membres vont s’en souvenir lorsqu’ils reviendront à la table de négociation.»

Même son de cloche du côté de l’Association Internationale des machinistes et des travailleuses et travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA).

«Nous avons fait savoir notre position concernant les augmentations de salaires des dirigeants de Bombardier depuis leur annonce de mercredi dernier, a écrit le syndicat dans un communiqué. Nous ferons savoir l'étendue de notre mécontentement aux représentants de l’entreprise lors des prochaines négociations.»

Selon le coordonnateur québécois de l’AIMTA, David Chartrand, «après la grogne, après l’indignation, il faut agir de façon à ce que cette problématique ne se reproduise plus».

«Le gouvernement libéral a commis des erreurs lorsqu’il a structuré son aide financière, estime M. Chartrand. Bombardier s’est vu offrir des liquidités sans [se voir] imposer les conditions nécessaires quant à l’utilisation des fonds. [...] Il faut agir pour mieux encadrer les modes de financement comme l’octroi de prêts ou de subventions et ne plus seulement faire du cas par cas. Nous pourrions par exemple, dans le cas d’une situation de sauvetage d’entreprise, exiger un cadre qui attacherait l’aide financière à des planchers d’emplois, des mesures visant à contrer la délocalisation et de garanties de développement d’infrastructures en sol québécois, et ce de façon systématique.»

De son côté, le directeur québécois chez Unifor a indiqué que, pour éviter le genre de situation controversée dans laquelle Bombardier s'est retrouvé, il serait bon qu’il y ait des gens des syndicats ou, par exemple, de la Caisse de dépôt, au conseil d’administration de Bombardier pour surveiller la question des salaires des dirigeants. .

En soirée dimanche, le PDG de la compagnie, Alain Bellemare, a annoncé que la «rémunération totale prévue pour 2016 sera reportée à 2020 pour les six membres de la haute direction visés».

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