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#lajoutedujour | Renégociation de l'ALENA

Quand la gestion de l'offre enflamme le débat

TVA Nouvelles

Appelé en renfort auprès de ministres libéraux en vue de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), Brian Mulroney a inspiré le duo de chroniqueurs de l’émission «La Joute», aujourd’hui, à LCN.

L’ancien premier ministre conservateur joue un rôle d’intermédiaire entre Donald Trump et le gouvernement canadien sur la question du libre-échange, que veut renégocier le président américain. Un genre de «super-conseiller» pour Justin Trudeau, soutient Bernard Drainville, qui qualifie le retour de M. Mulroney aux Communes de «vengeance sur l’histoire».

Le Canada doit-il s’inquiéter devant la volonté de l’administration Trump de rouvrir cette entente entre les deux pays? Bien qu’il ne se dise pas inquiet, Brian Mulroney admet que la partie s’annonce ardue. «Une entente convenable est dans l’intérêt des deux pays, a déclaré celui qui reste «honni» dans le Canada anglais près de 24 ans après son règne. Si c’est dans un intérêt commun, nous allons trouver un document qui reflète ce sentiment.»

De toute évidence, les Américains auront leur lot de demandes lorsqu’ils se présenteront à la table des négociations. Et de telles demandes seront cruciales pour les intérêts canadiens, croit Luc Lavoie, par exemple la fameuse question de la gestion de l’offre concernant les quotas de lait, des œufs et de la volaille.

«Je suis d’avis qu’un jour, il faudra que ça disparaisse. Depuis le début des négociations, dans les années 1980, les Américains veulent voir ça tomber. Et là, je pense qu’il y aura une partie de bras de fer qui va impliquer la gestion de l’offre, ce qui va soulever énormément d’inquiétudes chez les agriculteurs.»

«La ferme familiale qu’on aime décrire, dites-vous qu’elle n’existe plus vraiment. De plus en plus, il y a eu consolidation de la production laitière», explique Luc Lavoie, qui estime d’ailleurs que la notion de paysan traditionnel n'est guère plus qu'une relique du passé. Selon le chroniqueur politique, l’une des demandes importantes de nos voisins du Sud sera d’apporter des modifications au mécanisme de fonctionnement de l’arbitrage en cas de conflits à l’intérieur de cette entente commerciale.

Même s’il croit fort plausible que la gestion de l’offre passe elle aussi dans le tordeur de la renégociation, Bernard Drainville n’hésite pas à défendre cette pratique. «Elle est bonne notamment parce qu’elle a réussi à maintenir des fermes familiales, qui ne sont plus ce qu’elles étaient, mais qui restent encore familiales. Cela assure une présence dans nos régions, une occupation du territoire et ça permet à de nombreuses familles de bien vivre.»

Car, il ne faut pas s’y méprendre, selon lui, le Canada ne sortirait pas gagnant à laisser tomber la gestion de l’offre. «Si vous vous imaginez que le jour où on va ouvrir nos frontières au lait américain qu’on va payer moins cher sur le moyen et le long terme, je ne suis pas sûr de ça», soutient Bernard Drainville.

Mais pour Luc Lavoie, la gestion de l’offre n’est pas une bonne chose, car la facture est refilée aux consommateurs canadiens. «Et deuxièmement, comme on vit dans une économie de marché, la gestion de l’offre est une aberration, insiste-t-il. Un quota de lait, c’est un morceau de papier. C’est rendu que ça vaut tellement cher, il y a une spéculation folle, mais c’est une valeur parfaitement artificielle. Je pense que ce système ne pourra pas faire autrement que d’éclater, prédit-il, et ce, dans le meilleur intérêt des Canadiens.»

Les deux chroniqueurs de «La Joute» ont des opinions très différentes à ce sujet et leurs échanges deviennent des plus enflammés.

Voyez un extrait de leur débat animé dans la vidéo ci-dessus.

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