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Assassinat de Daphné Huard-Boudreault

Vengeance et meurtres d’ex-amoureuses: «ll y a une hémorragie»

Marie Lessard | TVA Nouvelles

Les cas d’hommes jeunes et moins jeunes qui violentent physiquement et psychologiquement leur conjointe, la harcèlent quand elle les quitte et finissent par la tuer font de plus en plus les manchettes. L’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD) soutient qu’il y a urgence d’agir.

«ll y a une hémorragie. De semaine en semaine, il y a de plus en plus de cas. On demande un investissement avant [la violence, les meurtres] en prévention, en intervention [auprès des jeunes]», fait valoir Nancy Roy, directrice générale de l’AFPAD.

Alexis Massé accompagnait Mme Roy ce matin en entrevue à TVA Nouvelles, car il sent que c’est important de parler de la violence faite aux femmes. Et il sait de quoi il en retourne. Son amoureuse, Daphné Huard-Boudreault, 18 ans, a été assassinée, il y a quelques semaines. Son ancien petit ami, Anthony Pratte-Lops, est accusé de l’avoir tuée quand celle-ci s’est rendue récupérer ses effets personnels dans l’appartement qu’elle avait partagé avec son ex.

«J’avais vu des histoires de gars jaloux et possessifs. Ça vient que tu crains pour ta sécurité ou la sécurité de la personne que tu aimes. Jamais tu penses que quelqu’un va commettre un crime comme ça. Je pensais qu’il allait se suicider», formule le jeune homme toujours affligé par la perte de Daphné.

Aider à s’en sortir

«La violence me touchait avant, mais là ça me touche encore plus. Si je peux essayer d’aider quelqu’un à s’en sortir», appuie-t-il.

Le meurtre de Daphné a été largement médiatisé. «J’ai reçu des centaines, des milliers de messages d’appréciation parce qu’ils ont vu ça à la télé. Je reçois encore des dizaines de messages par jour de femmes qui me disent qu’elles ont dénoncé leur agresseur, qu’elles sont parties, que ça leur a fait réaliser qu’elle devait le quitter», souligne Alexis Massé.

Aider lui permet de donner un sens à son deuil. «Chaque jour, c’est un défi de se relever et de passer la journée en faisant autre chose, même si ce n’est pas faisable. Tout le monde en a parlé. On a comme été bombardé par ça. Là, il n’y a plus rien et on a l’impression d’être seuls avec ça. Ce n’est pas évident», laisse-t-il tomber.

Tous ceux qui vivent un deuil ont besoin d’être entourés, encore plus ceux qui doivent composer avec l’horreur d’un meurtre. L’AFPAD est là pour les aider, mais sa directrice générale croit aussi que le gouvernement provincial doit se montrer sensible et délier les cordons de sa bourse.

«Il faut mettre de l’argent «dans le système de justice, que les policiers soient mieux formés pour détecter les signes avant-coureurs [de la violence faite aux femmes], qu’on applique la cause dérogatoire de l’arrêt Jordan pour empêcher les assassins de s’en sortir [sans qu’ils aient un procès pour cause de délai déraisonnable]», réclame Nancy Roy.

 

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