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Rimouski

Longue saga pour une travailleuse victime d'une lésion professionnelle

TVA Nouvelles

Le 12 septembre 2012, Nancy Dumont s'est écrasé la main entre deux piles de céramique chez Beaulieu Décors.

La douleur s'est ensuite intensifiée et répandue dans son corps. C'est ce qu'on appelle le syndrome douloureux régional complexe.

«Je suis monoparentale, donc j’ai besoin de travailler. C’est par la suite que ça a continué à faire mal. Quand je suis retournée voir le médecin à la mi-novembre, là il m’a arrêté» explique-t-elle.

C'est le début d'une longue bataille avec la maladie, la CNESST et son ex-employeur.

Nancy Dumont a déposé une plainte pour congédiement illégal de son employeur en avril 2013. Les deux parties en sont venues à une entente à l'amiable et ont terminé le lien d'emploi. «Malgré la prévention qu’on peut faire en amont, ça peut arriver qu’il y ait des accidents», soutient le directeur des finances chez Beaulieu Décor D’Astous et frères, Jocelyn Ouellet.

La CNESST a refusé de soutenir financièrement madame Dumont pour déménager dans la capitale nationale, afin de suivre des traitements à l'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec. Selon la citoyenne de Rimouski, un déménagement serait moins coûteux que les déplacements réguliers.

Et lorsqu’elle a annoncé à Caroline Chassé, une conseillère de la CNESST, qu’elle ne pouvait se rendre à un rendez-vous à l’IRDPQ à une semaine d’avis, madame Dumont a pressenti le pire.

«Ma petite fille, qui va avoir 10 ans, ça lui amène déjà beaucoup d’anxiété. En une semaine, c’était impossible que je trouve une gardienne pour s’occuper de ma fille».

Dans les jours suivants, elle a reçu une lettre lui indiquant que ses prestations seraient suspendues.

Où s'arrête la responsabilité de l'employeur, celle de la CNESST et celle de l'employé accidenté? C'est entre autres sur cette question que devraient trancher les juges après les audiences prévues pour le 13 juin.

«Je manque de sommeil, je me sens dépourvue. Je ne sais pas quoi faire pour m’en sortir. C’est sûr que j’ai besoin d’aide. Mais, pour l’instant, je suis sans revenu. [...] Il y a juste ma fille qui me tient sur la Terre présentement», affirme Mme Dumont.