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Les trappeurs à la rescousse

Difficile d’évaluer le nombre de pékans dans le Bas-Saint-Laurent

TVA Nouvelles

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a-t-il encore un portrait juste des populations animales sur son territoire ?

Depuis toujours, les données statistiques reposent sur les captures des trappeurs.

En prenant l'exemple sur le pékan (appelé aussi martre pêcheuse), on constate que ces données pourraient être erronées, en raison de la baisse du nombre de captures.

Pendant la saison de piégeage 2001-2002, 1292 pékans ont été attrapés au Bas-Saint-Laurent. En 2014-2015, le chiffre baisse à 526.

«Les récoltes qu’on a depuis les dix dernières années, on voit une légère baisse, mais ce sont des populations qui fluctuent. Si on regarde sur un horizon plus grand, si on regarde les données sur 30 ans, on s’aperçoit que présentement on a même des données de récoltes plus élevées qu’il y a 30 ans », explique Geneviève Bourget, biologiste au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

«La population est présentement en légère diminution, mais ce n’est pas dramatique», ajoute Geneviève Bourget.

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs se fie aux carnets de trappeurs pour évaluer une population animale. Toutefois, les statistiques pourraient actuellement être biaisées en raison de la dégringolade du prix des fourrures qui décourage certains trappeurs.

Prix en baisse

Il y a quelques années, une peau de pékan pouvait se vendre 130 $. Selon les encans, en 2016, le prix moyen était de 38 ou 48 $.

À la Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec, on dit subir les contrecoups du conflit qui perdure entre la Russie et l'Ukraine, deux clients importants, ainsi que l'imposition d'une hausse de 20 % sur les droits de douane en Chine.

«On ne sait même pas si notre fourrure va être vendue et à quel pourcentage. Je ne parle pas monétaire, mais en quantité. Est-ce qu’on va vendre seulement 50 % de notre fourrure, 100 %, on ne le sait pas. Moi ç’a déjà été un revenu, mais aujourd’hui, depuis quelques années même, on voit ça plus comme un loisir », raconte Éric Gendron de l’Association des trappeurs du Bas-Saint-Laurent.

En Abitibi-Témiscamingue, des colliers émetteurs ont été posés sur certains individus. C'est une technique qui est écartée pour l'instant au Bas-Saint-Laurent.