/news/world

Turquie

Les dates-clés du pouvoir d'Erdogan

Agence France-Presse

Rappel des principales dates depuis l'arrivée au pouvoir en Turquie de Recep Tayyip Erdogan, qui a remporté dimanche un référendum sur le renforcement de ses prérogatives.

-Le 3 novembre 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), cofondé par Recep Tayyip Erdogan, remporte une écrasante victoire aux législatives.

-Le 11 mars 2003, M. Erdogan est nommé premier ministre.

-En octobre 2005, les autorités obtiennent l'ouverture de négociations d'adhésion à l'Union européenne. De 2002 à 2004, Ankara avait adopté une série de mesures politiques et économiques, voté l'abolition de la peine de mort et autorisé la langue kurde à la télévision publique.

Mais le processus est à l'arrêt depuis plusieurs années.

-Le 28 août 2007, le Parlement élit président le chef de la diplomatie Abdullah Gül, premier responsable issu de la mouvance islamiste à accéder à la magistrature suprême dans la Turquie laïque fondée par Mustafa Kemal Atatürk.

L'élection est perçue comme une victoire de l'AKP sur les tenants les plus intransigeants de la laïcité, soutenus par l'armée, qui avaient bloqué au printemps une première candidature de M. Gül.

-En 2011, après le début de la révolte en Syrie contre le président Bachar al-Assad, issu de la minorité alaouite, la Turquie, jadis alliée de Damas, se range aux côtés de l'opposition armée, majoritairement sunnite.

Depuis, ce pays a accueilli plus de 2,8 millions de réfugiés syriens.

-Le 31 mai 2013, les forces de l'ordre délogent à l'aide de canons à eau et de gaz lacrymogène plusieurs centaines de personnes campant dans le parc Gezi près de la place Taksim d'Istanbul dans le cadre d'un projet d'aménagement urbain, déclenchant un mouvement de contestation.

Pendant trois semaines, quelque 2,5 millions de personnes manifestent pour exiger la démission de M. Erdogan, accusé de dérive autoritaire et de vouloir «islamiser» la société turque.

-Le 10 août 2014, M. Erdogan est élu chef de l'État dès le premier tour de l'élection présidentielle qui se déroule pour la première fois au suffrage universel direct.

Il va ensuite plaider sans relâche pour un renforcement de ses pouvoirs.

-Aux élections législatives du 7 juin 2015, l'AKP arrive en tête, mais est pour la première fois privé de sa majorité absolue au Parlement, en raison notamment du bon score du parti prokurde HDP de Selahattin Demirtas.

Le président Erdogan convoque des élections anticipées le 1er novembre suivant, remportées haut la main par l'AKP.

-En juillet 2015, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et l'armée rompent un fragile cessez-le-feu et reprennent les hostilités (plus de 40.000 morts depuis 1984).

De nombreux attentats, imputés à la guérilla kurde ou au groupe jihadiste État islamique (EI), ont depuis secoué la Turquie.

-Dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, une tentative de coup d'État par une faction de l'armée fait 248 morts et bouleverse la situation politique en Turquie, ainsi que ses relations extérieures. Elle est imputée au prédicateur islamiste Fethullah Gülen, installé aux États-Unis.

Les autorités procèdent depuis à des purges d'une ampleur sans précédent : plus de 47 000 personnes ont été arrêtées et plus de 100 000 limogées ou suspendues de leurs fonctions.

-Le 9 août 2016, M. Erdogan rencontre son homologue russe Vladimir Poutine, allié du régime de Damas, pour sceller la réconciliation après une crise due à la destruction d'un avion russe par la Turquie à la frontière turco-syrienne fin 2015.

Deux semaines plus tard, la Turquie déclenche l'opération «Bouclier de l'Euphrate» dans le nord de la Syrie contre l'EI, mais aussi contre les milices kurdes, qu'elle considère comme l'extension des séparatistes du PKK.

-En mars 2017, plusieurs pays européens, notamment l'Allemagne et les Pays-Bas, annulent des meetings ou interdisent à des ministres turcs de faire campagne sur leur territoire en faveur du «oui» au référendum.

M. Erdogan qualifie ces décisions de «pratiques nazies» et dénonce un «esprit de fascisme débridé» en Europe.

-Recep Tayyip Erdogan remporte le 16 avril 2017 un référendum sur le renforcement de ses pouvoirs.

La révision constitutionnelle ainsi approuvée prévoit en particulier l'abolition du poste de premier ministre au profit d'un hyperprésident. Elle lui permet de plus en théorie de rester à la tête de l'État jusqu'en 2029.

Dans la même catégorie