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5ème report en un an

Demande de libération de Gilles Pimparé: l'audience reportée au mois de juin

Harold Gagné | TVA Nouvelles

Un des dossiers criminels les plus horribles de l'histoire du Québec fait de nouveau l'actualité. Gilles Pimparé, un des assassins de deux adolescents jetés du pont Jacques-Cartier en 1979, devait demander une libération conditionnelle pour la septième fois, mais à la dernière minute il a décidé de reporter l'audience pour une 5e fois consécutive au grand désespoir de la mère d'une des victimes.

Madeleine Hébert est encore une fois venue d'Europe pour s'opposer à la libération d'un des meurtriers de son fils de 14 ans. Mais à moins de 24 heures de l'audience, Pimparé a choisi de reporter sa comparution au mois de juin.

En moins d'un an, c'est la cinquième fois qu'il demande que l'audience soit reportée.

«Je suis en colère, a confié la mère de Maurice, l'une des deux victimes. Quand on nous annonce qu’on reporte l’audience, on se prépare.» Elle n'a eu aucune explication sur ce nouveau report d'audience.

Meurtres sordides

En 1979, avec son comparse Normand Guérin, il a tué deux adolescents, Chantal Dupont et Maurice Marcil, en les jetant du pont Jacques-Cartier. Ils ont fait une chute de 50 mètres. Les corps ont été retrouvés 7 jours plus tard. Il nous a accordé une seule et unique entrevue, en 2010. Il nous expliquait pourquoi il devrait être libéré.

«Moi-même je ne me suis pas pardonné, disait-il, parce que je trouve que c'est quelque chose de dégueulasse. Je pense que j'ai fait mon temps. Si j'avais fait 10 ou 12 ans comme Karla Homolka je pourrais comprendre qu'on refuse de me laisser sortir.»

En février dernier, son complice Normand Guérin a obtenu le droit d'aller visiter à l'occasion sa mère de 83 ans, accompagné d'un agent correctionnel.

Gilles Pimparé, lui, voulait demander davantage lors de son audience au pénitencier à sécurité moyenne de Laval où il est détenu. Il veut une semi-liberté ou une liberté totale. La Commission a toujours refusé parce qu'il représente un risque de récidive violente et sexuelle. Il ne reconnaît pas ses délits et blâme Guérin.

«Je lui en veux tellement pour ce qui m'est arrivé, nous confiait-il en 2010. Ne pas l'avoir rencontré en 1979, je suis quasiment certain que je ne serais pas revenu en dedans.»

Encore un autre report

Pour la mère de la victime, ce nouveau report est très difficile: «Je vis tous les jours la douleur de la mort de Maurice. Normalement quand on est avec ses enfants à Noël ou au jour de l'an, on est heureux. Moi, il reste une marque. Chaque fois que je suis heureuse avec mes autres enfants, j'ai une blessure en pensant à Maurice.»

Si les commissaires croient Pimparé, les portes du pénitencier pourraient s'ouvrir rapidement sans que la mère de la victime puisse savoir ce qui s'est vraiment passé en 1979.

«Est-ce que Maurice a dit des choses avant de mourir? Est-ce qu'il a réclamé ses parents?»

En 2010, nous demandions à Pimparé: qu'est-ce qui nous assure, si on vous met dehors, que vous ne recommencerez pas?

«Je peux rassurer la société. Je suis convaincu que je n'ai plus de problèmes. Je les ai tous réglés par moi-même», avait-il répondu.

Ces propos sont loin de rassurer Madeleine Hébert et Nancy Roy, directrice générale de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues.

«Monsieur Pimparé a un taux de récidive et de dangerosité beaucoup trop grand pour qu'on puisse lui permettre des droits plus grands que la victime, dit Nancy Roy. C'est un être dangereux qu'on ne devrait pas remettre en liberté. On devrait refuser sa demande.»

«C'est un psychopathe. Il ne devrait pas sortir selon moi», conclut Madeleine Hébert, au pied du pont Jacques-Cartier, qui est devenu pour elle le tombeau de son fils.

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