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5 reports en un an

Demande de libération de Gilles Pimparé: le report d'audience choque

Harold Gagné | TVA Nouvelles

Le nouveau report d'audience demandé par l'un des meurtriers du pont Jacques-Cartier, qui souhaitait obtenir une libération conditionnelle, cause beaucoup de colère, d'incompréhension et même du désespoir pour la mère d'une des victimes.

À moins de 24 heures de l'audience, Pimparé a choisi de reporter sa comparution au mois de juin.

«Ça fait la cinquième fois qu’on reporte l’audience. Aucune raison, c’est annulé, point à la ligne. Je ne comprends pas que l’assassin ait tous les droits et que la victime n’en ait pas», déplore Madeleine Hébert, la mère de Maurice, l'un des garçons assassinés en 1979.

Nancy Roy, directrice de l’association des personnes assassinées ou disparues, parle d’un geste «non éthique» et «abusif».

«C’est scandaleux d’avertir une famille qui part de la France pour lire une déclaration de 5 minutes. Qu’on les avertisse quelques heures avant, qu’on ne donne aucun motif, pour nous c’est inacceptable. Ce qu’on demande à la ministre de la Justice, c’est d’intervenir pour les familles, et au ministre de la sécurité publique, d’arrêter ces abus-là. Ça fait cinq fois que monsieur reporte ses audiences», explique-t-elle.

C’est une situation très difficile pour Madeleine Hébert, qui vit avec la douleur de la perte de son fils depuis près de 38 ans.

Arlène Gaudreault, présidente de l’association québécoise Plaidoyer-Victimes, ne comprend pas non plus qu’aucune raison n’ait été donnée pour expliquer le report d’audience: «Quand on se place du point de vue des victimes, ça peut avoir l’air abusif. Dans ce cas très médiatisé et qui a soulevé beaucoup d’indignation, je pense que ça serait de bonne guerre que la Commission donne les raisons, dise pourquoi on a reporté cinq fois une audience de libération conditionnelle.»

Pour elle, il s’agirait de rendre la justice plus transparente.

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu rappelle: «Le Canada a adopté une charte des droits des victimes et, par rapport à madame Hébert, son droit fondamental d'être écoutée par la commission a été bafoué et je dirais, pire que ça, c'est la commission elle-même qui n'a pas respecté ces règlements.»

Il interpelle le ministre fédéral de la sécurité publique Ralph Goodale. «Pourquoi, dans ce cas-là, on maintient encore une priorité sur le droit des criminels plutôt que le droit de la victime?»

TVA Nouvelles a demandé une entrevue à l'attaché de presse du ministre Goodale et attend toujours une réponse.

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