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Un policier tué et le suspect abattu

Le scrutin français sous surveillance après une fusillade à Paris

Agence France-Presse

À trois jours d'une élection présidentielle française placée sous haute surveillance en raison de la menace jihadiste, un policier a été tué et deux autres blessés jeudi soir lors d'une fusillade sur la célèbre avenue des Champs-Elysées à Paris, dont l'auteur a été abattu.

La justice antiterroriste s'est aussitôt saisie de l'enquête, tandis que le premier ministre Bernard Cazeneuve a rejoint le président François Hollande pour une réunion de crise. Sans tarder, le président américain Donald Trump a réagi: «Il semble que ce soit une attaque terroriste».

Ce scrutin, très indécis, est placé sous très haute surveillance et se tiendra pour la première fois dans l'histoire de la Ve République sous le régime de l'état d'urgence, instauré en France dans la foulée des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, les plus meurtriers jamais commis dans le pays avec 130 morts.

La menace jihadiste reste très forte: après une série d'attaques, parfois de masse, qui ont fait un total de 238 morts en France depuis 2015, un nouvel attentat a été déjoué selon les autorités avec l'arrestation, mardi, de deux hommes soupçonnés de préparer «une action violente» et «imminente».

Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, ont été interpellés à la sortie d'un appartement de Marseille, où les enquêteurs ont retrouvé un arsenal important, composé d'armes et de trois kilos d'explosif artisanal, du TATP, dont une partie prêt à l'emploi.

Les photos des deux suspects avaient été distribuées avant le weekend dernier aux services de sécurité des candidats.

La fusillade de jeudi soir est intervenue pendant le dernier grand oral télévisé des onze prétendants, tous décidés à convaincre les nombreux indécis et abstentionnistes, avant la clôture officielle, vendredi à minuit, d'une campagne au niveau de suspense inédit.

Quatre candidats sont en position de se qualifier pour le second tour, le 7 mai: la chef de file de l'extrême droite Marine Le Pen, le centriste Emmanuel Macron, le conservateur François Fillon et le héraut de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

M. Macron et Mme Le Pen sont à l'heure actuelle donnés en tête des intentions de vote, suivis de près par M. Fillon et M. Mélenchon, et le sprint final sera d'autant plus serré que les pronostics des sondeurs pour le premier tour se situent dans la marge d'erreur.

M. Macron a réagi en direct jeudi soir en témoignant sa «solidarité à l'égard de nos forces de police» et en ayant «une pensée pour la famille de la victime», tout en prévenant que «cette menace fera partie du quotidien des prochaines années».

Son adversaire Marine Le Pen a musclé ces derniers jours son discours sur les thématiques traditionnelles de son parti, l'immigration et la sécurité. Elle a répété jeudi soir qu'elle serait «d'une fermeté absolument totale» face au risque terroriste, en dénonçant le «laxisme» des autorités françaises.