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Productivité et sécurité

Les employeurs inquiets de la légalisation de la marijuana

TVA Nouvelles

Depuis l’annonce du projet de loi fédérale de légalisation du cannabis, de plus en plus d’employeurs sont préoccupés par les impacts d’une telle loi dans les milieux de travail.

Questionné sur les enjeux qui tracassent le plus les employeurs, Hugo Morissette conseiller en ressources humaines agréé a tout de suite mentionné la productivité. «On sait que le cannabis peut avoir un impact sur la concentration, sur la rapidité d’action», précise-t-il.

Concernant la santé et sécurité au travail, les patrons ne savent toujours pas si un accident de travail à la suite d’ une consommation de cannabis sera couvert, par exemple.

Hugo Morissette explique aussi que le seuil pour avoir les facultés affaiblies sous l’effet du cannabis sera de 0,05, mais ignore comment ce seuil sera testé.

«Les techniques de dépistage ne sont pas encore à la fine pointe de la technologie», mentionne-t-il. Le conseiller en ressources humaines agréé ajoute qu’on ne sait toujours pas selon la Chartre des droits et libertés si ce genre de test sera autorisé dans les milieux de travail.

«On sait que le cannabis peut être détecté de 15 à 30 jours après la consommation, donc un employé qui consomme la fin de semaine, mais ne voudrait pas que son employeur soit au courant, comment le cache-t-il», se demande Hugo Morissette.

En ce moment, puisque la substance est illégale, le problème est plus facile à traiter, selon le conseiller en ressources humaines. «Il n’y aura aucune jurisprudence quand la légalisation se fera et il faudra plusieurs années avant d’en développer une», ajoute-t-il.

Concernant la consommation à des fins médicales, les employeurs doivent déjà faire un devoir d’accommodement parce que c’est prescrit par un médecin.

Une autre inquiétude, pour les employeurs, concerne la vente de cannabis sur les milieux de travail, surtout avec le nombre important de produits dérivés qu’il pourrait y avoir.

«Ce n’est pas juste un joint ou un brownie, il y a beaucoup de produits dérivés que ce soit des vinaigrettes, des crèmes, de l’huile, etc.», explique Hugo Morissette.

En attendant, il y a de plus en plus de séminaires de réflexion et de formation sur cet enjeu. «Il faut laisser le temps et on va pouvoir s’ajuster au fur et à mesure», conclut le conseiller en ressources humaines.

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