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Révélations de notre Bureau d'enquête

EXCLUSIF | Charest et Bibeau, «des amis très proches»

Hugo Joncas

 - Agence QMI

Marc Bibeau est encore «le meilleur ami de Jean Charest», a assuré l’ancien délégué général du Québec à New York, Bruno Fortier, dans une déclaration à l’UPAC en 2016.

Selon nos sources, il a détaillé la grande proximité entre le chef et l’argentier du parti.

«Ils allaient en ski ensemble. Tout ce qu’on fait en privé (...), (Charest) le faisait avec Marc Bibeau. Ils sont allés en Floride ensemble. Ils allaient à la résidence secondaire de Marc Bibeau ensemble au Vermont. Ils faisaient des voyages de couples avec leurs femmes», a affirmé le témoin.

Bruno Fortier était un vieil ami de Charest. Quand l’ancien ministre conservateur est débarqué d’Ottawa pour diriger le PLQ en 1998, il a commencé à croiser Bibeau, comme «relations interpersonnelles de (ses) amis Jean Charest et Michèle Dionne (son épouse)».

Il allait devoir s’habituer à cette présence. Surtout à New York, à partir de 2007, où Bruno Fortier dit avoir fait plusieurs sorties avec Charest, Bibeau et leurs femmes.

«C’est Marc Bibeau qui s’occupait toujours des restaurants quand il venait à New York, dit l’ex-délégué. Il faisait les réservations et il ramassait toujours la facture, pour moi et la famille de Jean Charest.» Les montants à payer oscillaient «entre 1500 et 2000$», selon lui.

Proximité inconfortable

Cette situation rendait Bruno Fortier inconfortable, et il n’était pas le seul. Selon sa déclaration, la proximité entre Charest et Bibeau préoccupait aussi le député d’Orford de l’époque, Robert Benoît, tout comme le futur ministre Jacques Dupuis.

Le délégué a même dû par moments calmer les ardeurs du grand argentier. «Une fois, M. Bibeau s’est acheté un avion réacté (sic) en time-sharing (...) et il voulait que le PM et sa femme embarquent avec lui dans l’avion», raconte-t-il aux enquêteurs. Il aurait alors fortement recommandé à Bibeau de ne pas inviter Charest et sa femme à voyager avec lui. Ils ont finalement acheté des billets d’avion.

Bruno Fortier raconte aussi les somptueuses réceptions que Bibeau organisait de 1998 à 2002, à sa résidence de Baie-d’Urfé, sur le bord du lac Saint-Louis.

Le temps de la fête, la grande cour des Bibeau devenait le repaire des gros noms du génie-conseil. «M. Charest était là bien sûr, c’était en son honneur, dit-il. C’était pour remercier les donateurs de l’époque. C’était grandiose, avec tentes, comptoir à sushis, etc.»

Bruno Fortier est en froid avec l’ancien premier ministre après que Québec l’eut dégommé de son poste de délégué général à New York, en 2008. Un différend avait éclaté après une plainte informelle pour harcèlement sexuel visant Fortier de la part d’une employée subalterne, qu’il aurait tenté de congédier.

Bruno Fortier a ensuite poursuivi le gouvernement jusqu’en Cour d’appel et a obtenu en 2015 un paiement en dommages de 75 000 $, pour avoir été mis à la porte en catastrophe de la résidence officielle du délégué général, après son congédiement.

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