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Philippe de Gaspé Beaubien se souvient d’Expo 67

«Il fallait faire en 4 ans ce qui en aurait pris 10»

Richard Olivier | TVA Nouvelles

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50 ans après l’inauguration de l’Expo de 1967, celui qu’on appelait affectueusement le maire de l’expo se souvient de ses quatre années à la barre de l'Exposition universelle.

L'esprit d'Expo 67, on le doit beaucoup au directeur des opérations de l'évènement Philippe de Gaspé Beaubien.

Si La Ronde existe aujourd'hui, c'est à cause de lui. Il a insisté pour qu’il y ait un parc d’attractions permanent. Le passeport c’est aussi une idée née de ses préoccupations.

Une course contre la montre

Philippe de Gaspé Beaubien était dans sa trentaine quand il a hérité du poste de directeur des opérations de l'Exposition universelle de 1967. Il était de toutes les décisions: l’aménagement des lieux, la disposition des pavillons.

Quand il est entré en fonction, il fallait il n’y avait plus de temps à perdre. «Il fallait faire en quatre ans et demi ce qui aurait pris 10 ans à faire normalement. On n'avait pas le temps de former nos jeunes. C'est pour ça qu'il y avait tant de jeunes. On leur disait ''Tu fais du mieux que tu peux, sers toi de ton intelligence et ne nous fais pas honte''», se souvient-il.

Les gens l'ont vite renommé le maire de l'Expo. Un travail qui ne lui a pas laissé une minute pour visiter les pavillons qu'il avait vus surgir de terre.

«J'étais dans la salle des contrôles 20 heures par jour. Quand on mène une entreprise comme ça avec 10 000 employés et 55 millions de visiteurs, on n'a pas le temps de profiter de l'Expo. Je n'ai pas profité de l'Expo», raconte Philippe de Gaspé Beaubien.

Un passeport pour contrôler les foules

C'est à la suite d'une visite à la foire commerciale de New York que l'idée du passeport a fait son chemin. Il fallait surtout éviter de répéter les erreurs de la métropole américaine avec une meilleure gestion des foules et éviter les interminables files d’attente

«L'idée du passeport a germé en se disant que si on pouvait trouver une excuse en disant aller estampiller le passeport même dans des petits pavillons comme la Thaïlande, ça inciterait les gens à y aller parce qu'ils voudraient garder un souvenir de l'expo. Ça a été une idée de génie parce que ça nous a aidés à niveler les foules», explique-t-il.

Le Canada anglais sceptique

Le maire de l'Expo se rappelle aussi que le Canada anglais, surtout Toronto voyait d'un mauvais œil l'exposition 67. C'était aussi l'année du centenaire au Canada. Mais il a tenu tête pour garder intact le concept original du logo de «Terre des hommes».

«Il y a des gens au gouvernement qui voulait la feuille d'érable au centre. C’était une exposition internationale pour tous les pays. Ce n'est pas quelque chose dont on s'appropriait. On était les hôtes», dit-il.

Le message de l’Expo

Encore ému, le maire de l'Expo s’adresse aux Québécois surtout aux jeunes en leur disant qu’il faut se dépasser.

C’est un des héritages dit-il laissé par l’Expo 67. «Il faut sortir de sa zone de confort, c’est le message. On ne peut pas dire qu'on est né pour un petit pain, qu'on ne peut pas faire de grande chose au niveau international», conclut Philippe de Gaspé Beaubien.

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