/news/society

Commémoration des 50 ans de l'événement

Expo 67: la mode québécoise se révèle au monde

Richard Olivier

 - TVA Nouvelles

DOSSIER SPÉCIAL SUR LES 50 ANS DE L'EXPO

L’Expo 67, pas le projet du légendaire maire Drapeau!

Il y a 50 ans, l'Expo 67 marquait profondément le Québec

«Il fallait faire en 4 ans ce qui en aurait pris 10»

«On a découvert le monde avant tout par la bouffe» à l'Expo 67

À la découverte des «produits dérivés de l'Expo»

Que reste-t-il de l'Expo 67?

Bien des jeunes qui avaient tout juste 20 ans ont démarré leur carrière avec Expo 67. Ce fut le cas pour plusieurs créateurs de mode comme Michel Robichaud, qui a signé le célèbre uniforme bleu des hôtesses de l'Expo qui ont fait la marque de l’évènement.

Un uniforme pour la promotion de l’Expo

Danièle Touchette et 4 autres compagnes ont été les toutes premières à enfiler le légendaire costume des hôtesses de l'Expo. Nous l’avons retrouvée chez elle avec ses photos et ses souvenirs. «Ah! Sur cette photo, nous sommes en ’66. On devait déjà avoir nos uniformes», s’exclame-t-elle

C’est que le fameux uniforme et surtout celles qui le portaient ont été la marque de commerce de l’Expo. L'image tenait aussi à ces jeunes femmes dynamiques dépêchées en mission partout dans le monde pour inciter les gens à venir nous visiter.

-Votre rôle c’était un rôle de promotion ?

-« Oui, oui ! Et en ce qui me concerne, on m’a beaucoup choisie pour être à travers le Canada et les États-Unis. Ce qui était quand même très chouette», se rappelle Mme Touchette, qui avait alors 23 ans et qui parlait trois langues.

Madame Touchette correspondait tout à fait aux critères d’embauche retrouvés par Bruno Paul Stenso, historien et collectionneur « Elles devaient être canadiennes, intelligentes, belles et avec une bonne réputation», peut-on lire sur les documents officiels

Une occasion en or pour les jeunes designers

Michel Robichaud n'a pas encore 25 ans quand le maire Jean Drapeau lui confie la tâche d'habiller les 235 hôtesses officielles qu'il avait coiffées d'un chapeau à tranches bleu et blanc.

«C'est l'idée de faire un chapeau à tranches bleu et blanc distinctif qu'on peut voir de très loin dans la foule», se souvient le couturier, comme on l’appelait à l’époque.

Danielle Touchette ajoute que la couleur seyait à n’importe qui et, chose pratique, il ne se froissait pas !

Une vitrine pour les créateurs

Expo 67 a ainsi permis à des créateurs de modes comme Jacques de Monjoy et «Serge et Réal» de montrer leur savoir-faire dans les défilés présentés ici, mais aussi en Europe. Et c'est sans compter l'industrie de la fourrure qui a su placer ses pions, souligne Cynthia Cooper, chef des collections et conservatrices des costumes au Musée McCord.

«C'est un moment où Montréal s'est définie par la mode, dit-elle. Par son activité dans la mode. Et où il y avait une grande effervescence. On passe tellement vite à autre chose dans ce domaine-là. »

Expo 67 a aussi été une vitrine exceptionnelle pour les créateurs québécois. Dans une exposition sur la mode et Expo 67 présentée au Musée McCord, le visiteur peut voir plusieurs costumes d’hôtesses de différents pavillons nationaux créés par des Québécois, mais aussi des robes portées par Marie-Claire Boucher-Drapeau, la femme du maire de Montréal pour des cérémonies protocolaires. Des robes créées aussi par Michel Robichaud.

«Madame Drapeau est l'hôtesse. Elle va recevoir tous ces gens-là, dit le couturier. Elle ne peut pas ne pas porter la bonne chose en présence par exemple de Grace de Monaco ou de la femme du shah d’Iran.»

En visitant l'exposition du musée McCord, vous serez assurément replongé dans les couleurs de la douce folie de l'été 67. Mme Cooper conclut que «c'est une époque qui inspire et qu'on réinvente constamment. Ce qui est resté de cet élan c'est peut-être cet esprit créatif et une ville qui vibre de la mode ».

Dans la même catégorie