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Rapport inquiétant

Finir ses études avec 30 000$ de dettes

TVA Nouvelles

La dette des étudiants de niveaux collégial et universitaire a explosé depuis 13 ans au Canada. La plus grande association qui les représente sonne l'alarme dans un nouveau rapport.

Alex Côté, qui était militant durant le printemps érable, travaille actuellement pour payer ses droits de scolarité.

«C'est dommage. Ce serait le fun que... surtout des métiers pertinents comme l'informatique. En fait, tous les métiers, mais ce serait le fun qu'on puisse étudier sans s'endetter parce que c'est une valeur qui va revenir à la société», soutient-il.

Cet autre étudiant, inscrit en ingénierie, appréhende quant à lui une dette de 30 000$ à la fin de ses études. «Je suis pas super à l'aise avec ça, mais j'ai confiance que... que ça va se repayer après.»

Selon un nouveau rapport de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants, la dette moyenne est d'environ 15 000$ pour un programme de deux ans, plus de 26 000$ pour un programme de 4 ans et la maîtrise, et 41 000$ pour le doctorat. C'est une augmentation de 140% en 13 ans.

«La crise de la dette étudiante, c'est aujourd'hui une crise qui affecte les familles canadiennes, et même la dette des ménages comprend aujourd'hui plus de 171% du revenu disponible des familles canadiennes», explique Bilan Arte, présidente au niveau national de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCEE). La Fédération demande l'abolition des droits de scolarité.

«Au niveau du Québec, le gouvernement finance la très grande majorité des coûts liés à l'éducation des étudiants, souligne le recteur de l’UQAM, Robert Proulx. La subvention par étudiant représente un énorme pourcentage par rapport à ce qui est demandé. Est-ce que cette contribution-là, elle est trop petite? Trop grande? Faudrait-il l'abolir complètement? C'est ça que je vous dis, ça prend un débat de société.»

«Je suis certain qu’avec zéro endettement, j'aurais peut-être pas appris de leçon sur c'est quoi la valeur, vraiment. Mais je trouve que c'est important de les garder accessibles parce qu'il faut que les gens y aillent, quand même», confie l’étudiant en ingénierie cité ci-dessus.

Témoignages d'étudiants

«Je peux être conscient que pour certains, c'est beaucoup, mais pour moi, personnellement, non, je trouve pas nécessairement que c'était trop.»

«Honnêtement, je ne les trouve quand même pas tant haut comparés aux autres pays.»

«Mes parents ont tout payé, alors c'est allé très bien. Merci, papa, maman.»

Il y en a qui sont plus chanceux.

-D’après un reportage de Marie-Laurence Delainey