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50 ans de l'Exposition universelle

Que reste-t-il de l'Expo 67?

Richard Olivier | TVA Nouvelles

DOSSIER SPÉCIAL SUR LES 50 ANS DE L'EXPO

L’Expo 67, pas le projet du légendaire maire Drapeau!

Il y a 50 ans, l'Expo 67 marquait profondément le Québec

«Il fallait faire en 4 ans ce qui en aurait pris 10»

«On a découvert le monde avant tout par la bouffe» à l'Expo 67

Expo 67: la mode québécoise se révèle au monde

À la découverte des «produits dérivés de l'Expo»

Les pelles mécaniques vont bientôt réapparaître sur l'île Sainte-Hélène pour la façonner une fois de plus.

Cette fois, c'est un immense amphithéâtre qui prendra la place occupée, il y a 50 ans, par des dizaines de pavillons au design parfois très audacieux, et dont il reste encore quelques morceaux étonnants aujourd'hui. Visite guidée sur ce qui reste de l’Expo.

Une guide pour revisiter l’Expo

Demandez à brûle-pourpoint à Julie Bélanger ce qu'il y avait sur les îles en 67 et elle vous répondra sans aucune hésitation en montrant du doigt des arbres et des canaux vides.

«Ici par exemple, on avait ici un Steel band de Trinidad et Tobacco....Juste derrière le pavillon d’Israël», raconte-t-elle.

Vous trouverez difficilement une guide aussi passionnée pour retracer sur les îles ce qu'il reste de l'Expo 67.

«Il y a une bonne partie des ponts originaux, on l’oublie. Il y en a une trentaine dont majorité sont toujours là et les canaux. C'est aussi sur l’ile Notre-Dame i qu'on retrouve le plus de pavillons», constate Mme Bélanger.

Il y a par exemple les pavillons de la France et du Québec transformés en casino. Celui de la Jamaïque qui sert de salle de réception et le tiers seulement du pavillon du Canada, converti en bureaux pour l’administration du parc Jean-Drapeau.

«Ce qui est assez ironique remarque la guide, c'est que certains des pavillons de l'Expo les mieux conservés ne sont pas à Montréal. Il y a deux pavillons à Terre neuve, ceux de la Yougoslavie et de la Tchécoslovaquie», explique-t-elle.

Il y a aussi dans une toilette publique une fresque originale installée dans ce qu’était auparavant le pavillon de la Tunisie. Il vous sera aussi facile de repérer le totem du pavillon des Indiens du Canada et des sculptures sauvées de justesse par des internautes comme le rapporte madame Bélanger aussi responsable d’une page Facebook très populaire sur l’Expo 67.

«Ils ont trouvé dans une cour de la voirie une fontaine: Iris. L'auteur a été retracé. On a replacé dans sculptures dans le parc avec la collaboration du Parc Jean-Drapeau», dit Mme Bélanger.

Un patrimoine perdu?

Mais aurait-on pu garder plus que le pavillon américain, aujourd'hui un centre d'interprétation, ou Habitat 67? Certainement, croit l’historien Roger La Roche. «C'est pas juste des rendez-vous manqués, mais un mépris du patrimoine historique», soutient-il.

Parce qu'après l'Expo, il y a eu Terre des hommes jusqu'en 1984. Et après, d'autres idées pour utiliser les pavillons, comme celle d'y implanter l'UQAM ou une cité des sciences. «On aurait pu conserver plus que ce qu'on a conservé, mais on a vu les floralies et les Jeux olympiques», croit l’historien Bruno Paul Stenson.

Pour Roger La Roche, c’est la construction du bassin olympique qui a fait le plus de dommage. «Le pavillon de l’Allemagne, on aurait pu le déplacer».

Le premier train automatisé de Montréal

Bien des gens l’ont oublié, mais le premier train automatisé à Montréal, il ne faut pas l'attribuer à Bombardier, mais à l'Expo Express; 5 stations sur presque 6 km qui ont fini à la ferraille.

«Je pense que l'Expo a été victime de son futur, croit Julie Bélanger. La majorité des infrastructures est tombée en désuétude parce qu'on n’était pas rendu là en 1980», explique-t-elle.

Le prochain rendez-vous avec l'Expo aura lieu dans 50 ans. On ouvrira une capsule laissée par Calder, l'artiste qui a légué «L'Homme», cette œuvre emblématique de l'Expo. Une œuvre assurément qui atteindra ses 100 ans.

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