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L'UPAC en commission parlementaire

Zambito accuse la haute direction de l'UPAC de protéger des politiciens

Charles Lecavalier | Agence QMI et TVA Nouvelles

L’état-major de l’UPAC est accusé de freiner des enquêtes pour protéger des politiciens par Lino Zambito et Luigi Coretti, présents lors du passage du commissaire Robert Lafrenière en commission parlementaire, jeudi.

«Là on se rend compte que le dossier Normandeau, en trois mois il était bouclé et on a déposé des accusations. L’autre dossier [enquête Mâchurer sur Jean Charest et Marc Bibeau] traîne en longueur», a lancé l’ancien homme d’affaires et témoin à la commission Charbonneau Lino Zambito.

M. Zambito, qui a fait du covoiturage avec le lanceur d’alerte Ken Pereira et Luigi Coretti, était à l’Assemblée nationale pour assister au témoignage de Robert Lafrenière à l’étude des crédits du ministère de la Sécurité publique.

Il affirme que lorsque le «dossier Normandeau» est devenu urgent, il a été rencontré «trois-quatre fois» en quelques mois. «Je disais aux enquêteurs, ça presse parce que votre boss doit se faire renouveler son mandat et ils me regardaient avec un grand sourire», a-t-il dit.

Il estime que le «timing», soit l’arrestation de Nathalie Normandeau le jour du budget, «ça pressait et par hasard son mandat venait à terme et il a mis les libéraux à genou».

 

Il trouve maintenant que l’UPAC se traîne les pieds. «Quand les dossiers sont terminés et que vient le temps d’envoyer au DPCP, on s’accroche», a-t-il affirmé.

Il a également «perdu confiance» en la haute direction de l’UPAC et «refuse» de donner une version écrite d’un témoignage qu’il a fait à l’antenne du 98,5 FM comme quoi le Parti libéral du Québec (PLQ) a amassé plus de 600 000 $ comptant lors de deux événements auxquels l’ex-premier ministre du Québec Jean Charest a participé.

«J’ai été clair avec les enquêteurs: jusqu’à tant que M. Lafrenière sera à la tête de l’UPAC je ne ferai plus de déclarations écrites», a-t-il avancé.

Luigi Coretti estime qu’un «policier quand ça devient état-major, ça commence à faire de la politique et ça devient dangereux».

«Les politiciens font des promesses aux états-majors pour avancer, avoir une deuxième carrière, une troisième carrière. Ça devient une course à la politique ou à l’argent et à la carrière prolongée», a-t-il dit.

Il croit que le système de justice au complet est «malade».

Pour sa part, le lanceur d'alerte Ken Pereira dit qu'en tant que citoyen, il est temps de commencer à s'intéresser au système.

Il veut savoir si ce qui se dira dans le Salon bleu concorde avec ce qu'il sait. Il croit que certaines informations n'ont pas encore été dites.

«Pas au complet, on a des affaires que moi je savais et qui sont jamais sorties et je veux savoir pourquoi», a-t-il expliqué.

En s'adressant aux médias, M. Pereira leur a dit qu'ils étaient à l'origine de la commission Charbonneau. «C'est certainement pas la politique ou du côté policier», a-t-il ajouté.