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Signé Anik Jean

«Bon Cop Bad Cop 2»: Une trame sonore à la James Bond

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

PHOTO JULIEN FAUGERE/AGENCE QMI

Dès les balbutiements du projet, Patrick Huard a tenu à ce que ce soit Anik Jean qui signe la trame sonore de cette suite fort attendue.

Première à lire la mouture initiale du scénario - qui faisait 240 pages, ce qui représente environ quatre heures de film! - l’auteure, compositrice et interprète a sauté à pieds joints dans la création.

«Je suis tombée en amour avec le scénario! Dès le début, j’ai vu des images en le lisant. Je voyais un genre de James Bond un petit peu plus rock, avec des guitares et de l’orchestration. [...] Pour moi, les images et la musique vont ensemble», a détaillé celle qui a assisté au tournage pour s’inspirer de l’ambiance du plateau.

«C’est drôle, j’ai commencé par la fin, par la chanson-thème, «Hold On», le duo chanté par deux hommes. Je voyais cette chanson sur deux policiers, sur leur amitié, mais aussi sur toutes les montagnes russes d’émotion par lequel ils sont passés pendant 10 ans. Je suis partie de cette chanson-là et j’ai commencé le travail.»

«Parfois, les images m’amenaient ailleurs. Quand ils sont aux États-Unis, je trouvais ça loufoque, je me disais que ça ressemblait à «Fargo» à cause de la manière dont c’est filmé et j’ai dit à Patrick que j’allais m’en aller dans un style différent, comme dans les vieux «Mission: Impossible» avec des bongos. [...] Ce moment-là marche quand même un peu avec le côté James Bond, un peu comme les vieux films de Chuck Norris.»

Devant son écran, c’est au moment de la postproduction qu’Anik Jean a mis en musique les scènes de «Bon Cop Bad Cop 2» sur les indications du monteur, Jean-Francois Bergeron, également coréalisateur et directeur de la photographie de son film «Lost Soul», qui avait accompagné son album du même nom en 2016.

«Dans mon studio, j’ai tout le film qui est importé sur mon système de musique, je travaille vraiment «cadre» par «cadre», a-t-elle expliqué. Jean-Francois Bergeron est excellent pour savoir où il faut mettre de la musique. Il a validé avec Patrick, puis avec Alain, et m’a envoyé le film avec de la musique de travail. Parfois, j’ai dit qu’il fallait ajouter quelque chose à certaines scènes ou qu’il fallait en retirer pour que la «joke» soit plus «punchée». C’est vraiment un travail d’équipe.»

Celle qui rêvait de se lancer dans la composition d’une trame sonore depuis qu’elle avait entendu Neil Young parler de son travail pour «Old Man» a composé plusieurs pièces seule, à son piano, en gardant sa première prise, remplie d’émotion.

«Je n’ai pas droit à l’erreur. Tout le monde pense: «C’est la femme de, c’est plus facile». Non, non! Il a fallu que je prouve plus qu’un autre compositeur qui aurait été engagé. Je voulais prouver que j’étais capable de faire la «job». [...] Ce projet m’a amené beaucoup! Oui, j’ai eu plus de pression que quelqu’un d’autre à cause de ma situation, mais j’aime les challenges.»

La trame sonore de «Bon Cop, Bad Cop 2», qui comprend 21 pièces, est disponible depuis le 28 avril et le long métrage déboule dans les salles obscures de la province dès le 12 mai.

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