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Semences retardées

Les agriculteurs sont impatients d’arpenter leurs champs

Marc Portelance | TVA Nouvelles

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

La situation n’est pas encore catastrophique pour les producteurs agricoles qui subissent la météo capricieuse, mais l’arrivée du beau temps est attendue avec impatience.

«Ce n’est pas encore dramatique. C’est long, un été et on espère beaucoup pour le reste de la saison», dit Patrice Juneau, porte-parole de l’Union des producteurs agricoles (UPA).

Même son de cloche chez Christian Overbeek, président des Producteurs de grains du Québec.

«Normalement, à la seconde semaine du mois de mai, nous sommes rendus à la finition des semis. Mais la majorité des producteurs n’ont pas encore commencé cette année», explique-t-il.

Même dans les régions non affectées par les inondations, le sol est gorgé d’eau et ne permet pas d’utiliser la machinerie lourde pour semer.

«Ça nous prendrait trois jours de soleil. Si la météo le permet, jeudi ou vendredi, nous serons dans les champs», ajoute M. Overbeek qui fait pousser du maïs, du soya et du blé dans la région de St-Hyacinthe.

Il estime que 100% de ses 11 000 membres sont en retard sur leur calendrier de semences cette année. «Si la nature est généreuse, on peut encore se rattraper. C’est ma 40e année de semis et je sais que la nature est remplie de surprises.»

Il admet toutefois que certains de ses membres, dont les terres sont inondées, ont le moral dans les talons. Le temps que l’eau se retire et que les terres soient praticables, il serait étonnant qu’ils puissent semer avant le mois de juin.

«Pour nous, la terre c’est aussi important que notre maison», illustre M. Overbeek.

Assurance récolte

La situation est moins dramatique pour les producteurs maraîchers, puisqu’il est un peu tôt dans la saison pour semer plusieurs variétés de fruits et légumes, selon Patrice Juneau de l’UPA.

Les autorités disent qu'il est trop tôt pour prévoir si le début de saison difficile va entraîner des prix en hausse dans les supermarchés.

Plusieurs agriculteurs adhèrent à l’assurance récolte de la Financière agricole. Mais comme l’explique M. Overbeek, la franchise à payer est souvent tellement élevée que les agriculteurs laissent tomber la compensation.

En attendant que le beau temps revienne, les agriculteurs devancent des travaux d’entretien et d’amélioration qui sont normalement faits au cœur de l’été.

Monsieur Overbeek craint par ailleurs que des producteurs impatients de rattraper leur retard travaillent sans arrêt et se blessent. Il les met en garde contre les accidents causés par la fatigue.