/news/politics

Rémunération des hauts dirigeants

Les Québécois doivent continuer «d’aimer» Bombardier, dit Couillard

Charles Lecavalier | Agence QMI

Les Québécois doivent continuer «d’aimer Bombardier», estime Philippe Couillard alors que les plus grosses caisses de retraites du pays s’opposent à la rémunération des hauts dirigeants de l’avionneur.

«Il est clair que les Québécois doivent continuer d'aimer et de soutenir cette grande entreprise qui est chez nous», a lancé le premier ministre, qui refuse toujours de s’ingérer dans le débat sur le salaire des patrons de Bombardier.

Les partis d’opposition l’ont bombardé de questions mercredi après que la Caisse de dépôt, le régime de retraite des enseignants de l’Ontario et le plus important investisseur institutionnel du pays, l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada, se soient ouvertement opposés à la rémunération de la direction de Bombardier et à la réélection de Pierre Beaudoin comme président du CA de l’organisme.

«Peut-il joindre sa voix à 93% des Québécois, l’opposition et maintenant la Caisse pour dire: trop c’est trop», a lancé le chef péquiste Jean-François Lisée.

«La Caisse et beaucoup de fonds de pension s’opposent à la rémunération des hauts dirigeants, le premier ministre est-il d’accord avec la rémunération des dirigeants ?», a affirmé le chef caquiste François Legault.

La multinationale québécoise a reçu en 2015 un coup de pouce de 1,3 milliard $ du gouvernement Couillard, qui a investi cet argent dans la Série C. En avril dernier, elle a fait les frais de la colère de la population en se votant une hausse de salaire de 48% pour ses six hauts dirigeants.

Face à la grogne, elle a annoncé qu’elle reportait à 2020 une partie de cette rémunération prévue pour 2016, une décision qui a «satisfait» Philippe Couillard. Il maintient toutefois aujourd’hui qu’il n’a pas à se mêler à ce débat puisque cela pourrait faire fuir de futurs investisseurs privés internationaux.

Il estime aussi que la Caisse ne s’oppose pas réellement à la politique de rémunération, mais plutôt à la «gouvernance du conseil d’administration» qui a mené à cette décision.

«L’enjeu est la question de la gouvernance au conseil d’administration et c’est une question qui doit se régler entre la CDPQ, les autres actionnaires et l’entreprise», a-t-il noté.

Dans la même catégorie