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Assemblée à Dorval

Québec s’en remet à Bombardier

Marc-André Gagnon | Agence QMI

Satisfait des ajustements apportés à la hausse de la rémunération des dirigeants de Bombardier, le gouvernement Couillard refuse toujours de dénoncer les bonis controversés qui seront versés.

Selon le chef péquiste Jean-François Lisée, la décision prise par le président du conseil d’administration de Bombardier, Pierre Beaudoin, de quitter ses fonctions exécutives, demeure insuffisante, malgré la diminution de son salaire.

«C’est une mesure, mais c’est une demie-mesure», a résumé M. Lisée, en point de presse quelques heures avant l'assemblée des actionnaires, jeudi matin.

Interpellée en chambre par le porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, Nicolas Marceau, la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, a expliqué que sur les questions de gouvernance, Québec s’en remet maintenant à Bombardier et ses actionnaires.

«On s’attend à ce que Bombardier soit à l’écoute de ses actionnaires», a dit Mme Anglade, en refusant de condamner les bonis de 7 millions $ qui seront versés malgré tout aux dirigeants du géant québécois de l’aéronautique.

Les Québécois satisfaits?

Contrairement à M. Marceau, Mme Anglade croit que la majorité des Québécois, comme le gouvernement, sont maintenant satisfaits des ajustements qui ont été apportés à la hausse de la rémunération des dirigeants de Bombardier.

Le mois dernier, un sondage TVA Nouvelles-«Le Journal» avait indiqué que 93 % de la population s’opposait à la hausse de rémunération des membres du CA de Bombardier, a rappelé le député de Rousseau.

«Il ne faut pas déformer la réalité M. le président, 93 % des contribuables qui se sont exprimés ou les Québécois, c’était au sujet des augmentations initiales qui avaient été apportées par Bombardier et pas autre chose», a répliqué la ministre de l’Économie.

Depuis, Bombardier a décidé de reporter la moitié des hausses moyennes de 48 % de la rémunération à 2020, a souligné la ministre. Ces ajustements «étaient nécessaires et sont donc les bienvenus», a-t-elle martelé, en citant la Caisse dépôt et placement du Québec.

Silence

Pour une deuxième journée consécutive, la ministre Anglade a refusé de répondre aux questions de la presse parlementaire à ce sujet.

«Votre silence montre que vous êtes encore favorables à ce que des bonis soient versés avec l'argent des Québécois», a déploré en chambre M. Marceau.

À l’entrée du caucus libéral, le ministre des Finances, Carlos Leitao, a rappelé de son côté que c'est dans la Série C que son gouvernement a investi 1,5 milliard $ et non dans la société mère.

«C’est aux actionnaires de se prononcer, l’État, le gouvernement, n’est pas actionnaire, donc nous n’avons pas à nous prononcer», a dit le grand argentier de l’État.Avec Pascal Dugas Bourdon

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